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IA : Le Togo, un modèle d’innovation sociale pour l’Afrique de l’Ouest (Banque Mondiale)

L’intelligence artificielle peut-elle aider en effet, l’Afrique de l’Ouest à rattraper son retard en une décennie ? C’est la thèse du « World Development Report 2026 : The Promise of Artificial Intelligence » publié en fin de semaine dernière par la Banque mondiale. Cette première évaluation complète de l’impact de IA sur les pays en développement dresse un constat à la fois optimiste et pragmatique : l’IA représente une opportunité historique pour ces pays, qui doivent toutefois agir vite et de manière stratégique pour ne pas laisser passer cette chance.

« L’IA offre aux économies en développement un levier d’action vital qu’elles doivent saisir. Elles n’ont pas besoin de grands modèles ni de vastes centres de données pour en tirer parti. En adaptant des outils d’IA de petite taille et peu coûteux aux réalités locales, ces pays peuvent mettre à la portée de millions de personnes des services de meilleure qualité, des soins médicaux à la vulgarisation agricole, en passant par l’éducation et la justice », souligne Indermit Gill, premier vice-président et économiste en chef du Groupe de la Banque mondiale. Et dans ce panorama, le Togo est cité comme un modèle.

Protection sociale : Les résultats concrets et en chiffres de la stratégie togolaise

Comme exemple, le programme Novissi, lancé pendant la pandémie de COVID-19, est mis en avant par l’institution. En utilisant l’IA et les données mobiles pour identifier rapidement les populations vulnérables et leur verser des aides financières, le Togo a démontré qu’une technologie de pointe pouvait servir la protection sociale de masse. L’institution chiffre à 421 % la réduction des erreurs d’exclusion par rapport à un ciblage géographique traditionnel. Deux piliers ont rendu ce succès possible : un système d’argent mobile déjà mature et une volonté politique affirmée au plus haut niveau.

Le rapport écarte également l’idée que les pays africains auraient besoin de modèles d’IA géants et coûteux. Il plaide pour la « petite IA » : des modèles légers, peu onéreux, capables de fonctionner sur des téléphones basiques avec une connexion internet limitée. Des exemples concrets essaiment déjà dans la région. Au Ghana, un tuteur mathématique accessible via WhatsApp a permis à des élèves de gagner l’équivalent d’une année d’apprentissage. Au Nigeria, l’IA sert de tuteur virtuel pour l’anglais. En Sierra Leone, un assistant IA sur WhatsApp aide les enseignants des zones rurales.Aujourd’hui, le Togo va plus loin en investissant dans des laboratoires de données pour évaluer et améliorer ses politiques publiques. Une démarche qui le positionne comme un laboratoire d’innovation pour l’Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, contrairement aux idées reçues, les emplois ouest-africains sont moins exposés à l’automatisation que ceux des pays riches. Seuls 4,5 % des emplois de la région sont menacés par l’IA générative, contre 14,2 % dans les pays à revenu élevé.

Énergie : le Togo intègre l’initiative panafricaine « Mission 300 »

En revanche, 16,2 % des emplois pourraient bénéficier de gains de productivité significatifs. L’IA ne remplacera pas les travailleurs, elle peut les rendre plus efficaces. Le rapport ne fait toutefois pas l’impasse sur les fondamentaux. En Afrique subsaharienne, près d’un tiers des écoles rurales n’ont toujours pas d’électricité fiable, et plus des deux tiers manquent d’une connexion internet stable. L’initiative Mission 300 de la Banque mondiale, qui vise à raccorder 300 millions de personnes en Afrique subsaharienne d’ici 2030, pose les bases d’un développement numérique inclusif.Pour les pays de la région, l’institution préconise une stratégie claire : adopter les outils d’IA existants et accessibles, les adapter aux langues locales et aux besoins spécifiques, puis avancer progressivement vers des technologies plus sophistiquées, sans chercher à rivaliser avec les géants mondiaux. Le Togo a déjà commencé. La fenêtre d’opportunité est étroite.

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