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Togo : Ayiza 2026, une apothéose sous le signe de la ferveur et de l’unité

C’est une histoire qui remonte à 1720. Le peuple éwé, en exode depuis Notsè, est épuisé. Il décide de semer du haricot sur ces terres inconnues. Quand vient l’heure de repartir, les semeurs refusent : ils attendront la récolte. De ce refus naît une ville. « Tsévié » vient de « Tsé », produire et de « Vié », un peu. En souvenir de cette première récolte rapide, arrachée à la terre dans l’urgence de la route.

Depuis 54 ans, chaque deuxième samedi du mois d’août, la préfecture de Zio célèbre ce haricot fondateur à travers « Ayiza ». En langue éwé, « ayi » signifie haricot. « Ayiza » est la fête des moissons du haricot. L’édition 2026, lancée le 1er août, a connu son apothéose ce samedi 8, sous le thème « Ensemble pour un Zio inclusif et fort ». La procession des chefs traditionnels des 16 cantons a ouvert les festivités, suivie des prières, du récit de l’exode et de l’historique de la fête. Une parade a fait défiler la diversité culturelle du terroir. Le public a applaudi la Miss « Ayiza », les lauréats des jeux, et s’est pressé autour des stands de dégustation et d’exposition des produits locaux.Plusieurs autorités poltico-administratives ont été conviées. Le Colonel Awaté Hodabalo, Ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, a fait le déplacement. « À travers Ayiza, c’est toute une histoire qui se raconte. C’est la mémoire collective vivante d’un peuple qui refuse l’oubli, assume pleinement son identité et s’engage à transmettre aux générations présentes et futures les valeurs de solidarité, de fraternité, de travail bien fait, de respect, de paix et de cohésion sociale qui fondent notre nation », a-t-il déclaré. Il a salué les initiatives du Président du Conseil faisant de la culture « un levier d’inclusion sociale, d’éducation citoyenne, de développement territorial et de création de richesses ».

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Le président du Conseil supérieur des chefs traditionnels de Zio, Togbui Kokou Adzaklo Ahlan IV, a rappelé qu’« Ayiza » ne se limite plus à la simple célébration des récoltes. Elle est devenue « un moment d’introspection permettant aux populations de faire le bilan du chemin parcouru et de réfléchir aux défis auxquels la préfecture est confrontée ». Il a invité les fils et filles de Zio à puiser dans l’héritage de 1720 pour renforcer l’unité et bâtir une préfecture inclusive et tournée vers le développement durable.

Ce qui se joue à Ayiza, ce n’est pas seulement le souvenir d’une récolte. C’est la mémoire d’un peuple qui, un jour, a décidé de s’arrêter pour attendre le fruit de son travail. Et qui, depuis, n’a jamais cessé de célébrer ce choix.

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