
Depuis vendredi dernier, le Togo siège au Conseil des gouverneurs de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) pour un mandat de trois ans (2025-2027. Cette élection, intervenue lors de la 69ᵉ session de la Conférence générale à Vienne, consacre la montée en puissance du pays sur la scène nucléaire civile internationale et lui offre une plateforme de choix pour sécuriser et promouvoir ses projets nationaux. Aux côtés du Niger, du Portugal et de l’Arabie Saoudite, parmi les onze nouveaux membres élus, le Togo intègre ainsi l’un des organes les plus influents de la gouvernance mondiale du nucléaire. Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA détient des prérogatives essentielles : il examine et approuve le budget et les programmes de travail de l’Agence, valide les accords de garanties nucléaires, autorise la publication des normes de sûreté et statue sur les demandes d’adhésion de nouveaux États membres.
Cette distinction internationale n’est pas le fruit du hasard. Elle couronne une série d’initiatives lancées par Lomé pour structurer sa filière nucléaire civile. Dès janvier 2025, le gouvernement a créé le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEAT), une institution chargée de superviser les programmes de recherche, de formation et d’application des technologies nucléaires dans des secteurs prioritaires tels que la santé, l’agriculture et la production énergétique. Parallèlement, le pays a signé un partenariat avec la société américaine Nano Nuclear Energy visant à déployer des micro-réacteurs pour augmenter ses capacités de production électrique, une solution innovante pour pallier les déficits énergétiques.

Des ambitions face à d’importants défis
Si l’élection à l’AIEA constitue une opportunité majeure, elle intervient alors que le Togo doit encore surmonter plusieurs obstacles pour concrétiser ses ambitions. Les défis sont de taille : un cadre légal et réglementaire encore en cours de maturation, la nécessité absolue de renforcer la sécurité nucléaire et la radioprotection, une pénurie de ressources techniques et technologiques, et la mobilisation de financements suffisants pour soutenir une stratégie à long terme. En siégeant au Conseil des gouverneurs, le Togo n’assistera plus passivement à l’élaboration des règles internationales : il pourra désormais y contribuer activement. Cette position lui offre une tribune inédite pour défendre ses intérêts, peser sur l’orientation des normes de sûreté, potentiellement adaptées aux spécificités et aux besoins des pays en développement, et surtout, pour rassurer et attirer les investisseurs et partenaires technologiques étrangers.
Cette élection marque une étape décisive pour le Togo. Elle symbolise sa volonté de jouer un rôle dans le paysage nucléaire civil global et pourrait s’avérer être un levier crucial pour transformer ses projets en réalisations tangibles, sous le regard exigeant de la communauté internationale.













