
Le Togo ajuste son cadre tarifaire pour les fréquences radioélectriques. Le Conseil des ministres, réuni jeudi 30 juillet, a adopté un décret modifiant les redevances d’utilisation de ces fréquences. L’objectif : accompagner l’essor des nouveaux services satellitaires et soutenir la stratégie nationale de transformation numérique.
« Le présent décret procède à l’adaptation du régime tarifaire des redevances d’utilisation des fréquences radioélectriques afin de tenir compte des évolutions technologiques ainsi que des spécificités des nouveaux services satellitaires, tout en garantissant la viabilité économique des services proposés par les opérateurs », précise le communiqué du Conseil des ministres. Le texte modifie le tableau n° 16 de l’annexe 2 du décret du 5 avril 2023, qui fixe les taux et les modalités de perception des frais dus par les opérateurs.
Le satellite pour connecter les zones isolées
L’enjeu est de taille dans un pays où l’accès au haut débit reste inégal selon les territoires. Les solutions satellitaires offrent une alternative aux réseaux terrestres pour desservir les localités isolées et accélérer la digitalisation des services publics et privés. « Cette mesure favorisera l’installation d’opérateurs spécialisés, l’extension de la connectivité dans les zones rurales ainsi que le déploiement de solutions numériques innovantes dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, la santé, la gestion de l’environnement et la logistique », indique le communiqué.
La réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation digitale, qui vise une couverture numérique intégrale du territoire et le développement de nouveaux usages fondés sur l’Internet des objets (IoT) et les communications de type Machine-to-Machine (M2M) par satellite. Cette évolution réglementaire vient compléter les investissements déjà engagés ces dernières années. Selon l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), le Togo comptait plus de 10 millions d’abonnements mobiles à la fin de 2025, avec un taux de pénétration supérieur à 90 %, tandis que la couverture 4G continue de progresser. La connectivité devient alors un outil mobilisé dans des secteurs aussi variés que l’agriculture, la logistique, la santé ou les services numériques. Le décret du 30 juillet y ajoute un nouveau maillon : le satellite.



