
Le gouvernement togolais a franchi une étape stratégique dans sa politique sociale en approuvant, ce mercredi dernier en Conseil des ministres, le décret portant Politique Nationale de Protection Sociale (PNPS). Cette nouvelle feuille de route vise à renforcer la cohérence et l’impact d’un système qui, bien qu’ayant enregistré des progrès notables, fait face à des défis structurels persistants. Elle formalise en réalité et structure l’engagement de long terme du Togo en faveur de la protection sociale. Le Conseil des ministres a reconnu que malgré des « investissements significatifs » ayant permis « des avancées notables », une approche plus coordonnée était nécessaire. L’objectif central du PNPS est donc d’« améliorer la cohérence, la coordination et l’efficacité des interventions publiques pour un impact accru au bénéfice des populations ». Son approbation et sa mise en œuvre « permettront de consolider les mécanismes de protection sociale, de renforcer la coordination des interventions de l’État et de soutenir un développement économique inclusif et durable ».

Une nouvelle politique qui en réalité ne part pas de zéro, mais s’appuie sur un socle de programmes sociaux structurants dont les résultats à l’évidence sont tangibles. Il s’agit notamment de l’Assurance maladie universelle (AMU). Elle couvre désormais plus de 4,4 millions de personnes. Une extension significative a eu lieu le 23 octobre dernier, avec l’ouverture de cette couverture à 3 millions de travailleurs non-salariés du secteur informel. Dans le domaine éducatif et nutritionnel, le programme de cantines scolaires a permis la fourniture gratuite de 41 millions de repas chauds à 219 762 écoliers, tandis que plus de 100 000 filles ont reçu des kits scolaires gratuits pour la rentrée 2025-2026. Le programme Wezou, dédié à la santé maternelle, a offert plus de 4 millions de prestations pour une prise en charge quasi-gratuite des femmes enceintes. Le secteur agricole n’est pas en reste, avec la mise à disposition de crédits intrants d’une valeur de 8,7 milliards de FCFA au profit des producteurs.
L’inclusion financière constitue un autre axe majeur. À travers le Fonds national de la finance inclusive (FNFI), près de 2 millions de bénéficiaires ont accédé à des crédits pour un montant total de 117,2 milliards de FCFA. Des mécanismes comme le projet de filets sociaux et services de base (FSB) et le programme de revenu universel de solidarité « Novissi » complètent ce dispositif. Sur le marché du travail, les programmes de volontariat national, de travaux à haute intensité de main-d’œuvre et d’insertion économique des jeunes, ainsi que l’appui aux Zones d’aménagement agricole planifiées (ZAAP), visent à créer des opportunités durables.

Des indicateurs nationaux en nette amélioration
L’impact agrégé de ces initiatives est visible à l’échelle nationale. La pauvreté multidimensionnelle a reculé, passant de 37,1% des ménages en 2018 à 28,9% en 2021, malgré le contexte de la pandémie de Covid-19. Cette dynamique positive a permis au Togo de passer, pour la première fois de son histoire, de la catégorie des pays à Indice de Développement Humain (IDH) « faible » à celle des pays à IDH « moyen ». Ces avancées saluées par les organismes internationaux confirment la trajectoire du Togo vers un renforcement continu de sa protection sociale, avec pour objectifs affichés la réduction des inégalités et la promotion de l’équité pour tous les citoyens. La PNPS s’inscrit évidemment dans la vision de la 5ème République, définie par le Président du Conseil Faure Gnassingbé comme une « République d’équité et de proximité ». En dotant donc le pays d’un cadre politique unifié, le gouvernement vise à amplifier l’effet des programmes existants et à systématiser une approche où « l’inclusion ne sera pas un mot, mais une méthode ». La protection sociale se consolide ainsi comme un pilier central du contrat social et du développement durable du Togo.















