
« Nous n’avons pas de mercenaires russes. » La réponse claque, et Robert Dussey la porte lui-même. Dans un entretien accordé à France 24, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, le Chef de la diplomatie togolaise répondait aux accusations de présence d’Africa Corps au Togo. Il en a profité pour balayer plusieurs dossiers brûlants : le Sahel, Paris, les accords migratoires de Washington.
Interrogé sur l’accord de coopération signé en 2025 avec la Russie, le Ministre des affaires étrangères a rejeté l’hypothèse de mercenaires. Selon certaines sources, plus de 300 membres de l’Africa Corps, présenté comme le successeur du groupe Wagner, seraient pourtant présents dans le pays. « Nous avons une coopération à la fois politique, diplomatique et commerciale. Nous n’avons pas de mercenaires russes », a-t-il déclaré. Il a rappelé que les accords entre Lomé et l’ex-Union soviétique remontent au 1er mai 1960.
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Le ministre reconnaît toutefois la présence de personnels russes chargés de la formation des forces togolaises. Ces formateurs sont liés aux équipements militaires acquis par le pays. « Nous avons des formateurs, parce que lorsque vous achetez un hélicoptère français, américain, chinois ou russe, des formateurs viennent naturellement entraîner nos forces de défense et de sécurité, entraîner des pilotes », a-t-il expliqué. Une distinction claire entre assistance technique et présence combattante.
La situation sécuritaire dans le nord du pays a également été abordée. Le Togo fait face depuis plusieurs années à la menace de groupes armés actifs dans la région sahélienne. Le ministre a évoqué les dispositions prises par les autorités togolaises en collaboration avec les forces armées burkinabè. « Beaucoup de progrès ont été faits. L’extrême nord du Togo est beaucoup plus pacifique aujourd’hui qu’il y a quatre ans. Je vous le rassure », a-t-il affirmé.
Robert Dussey a par ailleurs plaidé pour une coopération régionale élargie. Face à la reprise de l’initiative par les groupes jihadistes, notamment au Mali, il appelle à ne pas isoler les pays membres de l’Alliance des États du Sahel. « La solution, c’est de ne pas isoler ces pays », a-t-il insisté, estimant qu’ils constituent « une forme de digue contre l’extrémisme violent ». « Le danger est partout », a-t-il ajouté.
Paris : « pas de problèmes », mais des malentendus
Sur le front français, le ministre se veut rassurant. Depuis juin 2025, RFI et France 24 sont suspendues au Togo, une décision justifiée par la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication pour des « manquements répétés » en matière d’impartialité et de vérification des faits. En juillet 2026, deux réalisateurs français venus tourner le documentaire « Les Routes de l’impossible » avaient été interpellés et poursuivis pour « fausses déclarations », avant d’être relâchés environ un mois plus tard. Ces épisodes ont alimenté l’idée d’un refroidissement entre Lomé et Paris.
Robert Dussey écarte cette lecture. « Les relations entre la France et le Togo n’ont jamais été difficiles, n’ont jamais été des relations où l’on n’arrive pas à se parler. Il n’y a absolument pas de problèmes entre le Togo et la France. Nos relations sont bonnes. Bien sûr, parfois, il peut y avoir des malentendus », a-t-il déclaré. Le ministre défend une politique de diversification des partenariats qui ne rompt pas avec les partenaires historiques.
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Le chef de la diplomatie togolaise s’est également exprimé sur la résolution portée par le Togo à l’ONU en faveur de la carte Equal Earth, qui restitue la taille réelle de l’Afrique. Les États-Unis, qui ont voté contre, y ont vu « un projet idéologique radical ». Pour Robert Dussey, il s’agit au contraire d’« une vérité scientifique ».
Interrogé enfin sur l’enquête d’un consortium de médias coordonnée par Forbidden Stories, il a répondu sur les accords migratoires passés entre plusieurs pays africains et l’administration Trump. Selon l’enquête, des personnes expulsées des États-Unis vers le Ghana se seraient retrouvées au Togo. « C’est des fake news », a tranché Robert Dussey. Sur les négociations avec Washington, il estime qu’elles « n’ont pas aussi avancé avec nous ».



