
A l’instar des autres métropoles ouest-africains comme Dakar avec le quartier ministériel, ou encore Abidjan avec la cité administrative, Lomé disposera bientôt d’une cité ministérielle. Le projet de construction a franchi une étape décisive ce mercredi 17 décembre dernier avec la signature d’un accord entre le gouvernement togolais et le groupe libano-ivoirien PFO (Pierre Fakhoury Operator). Ce partenariat ouvre la voie à la phase opérationnelle d’un chantier structurant pour la modernisation de l’administration publique togolaise. L’accord se fonde sur un mécanisme de Partenariat Public-Privé (PPP) spécifique : le bail à construction. Dans ce montage, l’État togolais met à disposition un terrain nu de 90 000 m² situé à Bè-Klévé (Golfe 3), dont il conserve la propriété. En contrepartie, le groupe PFO, via sa filiale dédiée Société de Construction de la Cité Ministérielle (SOCOCIM), finance, construit et exploitera les infrastructures pendant toute la durée du bail, avant de les rétrocéder à l’État à l’échéance du contrat. La durée exacte de ce bail n’a pas été dévoilée.

Ce modèle présente des avantages majeurs pour les finances publiques. Il allège selon les autorités les efforts de l’État dans un contexte de tensions sur les finances publiques. L’investissement initial, évalué à plusieurs dizaines de milliards de FCFA, est entièrement supporté par le privé. La dépense publique sera étalée dans le temps sous forme de loyers ou paiements contractuels, sans mobilisation budgétaire immédiate. Le financement du projet est déjà assuré. Un consortium de banques, incluant la Société Générale, Ecobank, Banque Atlantique, Coris, NSIA et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), a mobilisé les fonds nécessaires. La BOAD a d’ores et déjà approuvé une enveloppe de 20 milliards de FCFA.

La future Cité, conçue comme un pôle exécutif intégré, accueillera plusieurs départements ministériels et plus de 4 500 agents publics. L’architecture prévoit 18 bâtiments regroupés dans une enceinte unifiée et sécurisée, organisés autour d’un grand jardin intérieur. Le plan alterne huit tours de hauteur variable (allant de R+7 à R+12) et dix bâtiments bas de deux à trois étages, pour une superficie totale de bureaux d’environ 90 000 m² complétée par plus de 900 places de stationnement.

Le projet intègre une forte dimension environnementale, visant la certification EDGE. Il comprendra des dispositifs d’efficacité énergétique, de performance thermique et sera conçu pour le bien-être des usagers. Les espaces de bureaux sont modulables, pouvant passer d’une configuration cloisonnée à un open space selon les besoins. Le délai d’exécution des travaux est fixé à 36 mois à compter de la pose de la première pierre. PFO-SOCOCIM assume l’ensemble des risques techniques et financiers et s’engage à livrer un ouvrage aux normes contractuelles. Le projet devrait générer plus de 1 000 emplois directs et indirects. Lors de la cérémonie de signature, le ministre des Finances et du Budget, Georges Essowè Barcola, a salué « la capacité de l’État togolais, de ses partenaires financiers et du secteur privé à concevoir, structurer et concrétiser ensemble des projets d’envergure, utiles et durables ». Il a également rendu hommage à la vision du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, à l’origine de ce projet. Clyde Fakhoury, administrateur du groupe PFO, s’est pour sa part dit honoré de participer à cette réalisation qui « symbolise l’attractivité économique du Togo ». Les partenaires financiers ont réaffirmé leur engagement à livrer un ouvrage exemplaire dans le respect des délais, des coûts et des standards de qualité les plus exigeants.

Ce projet marque ainsi une nouvelle étape dans la modernisation des infrastructures administratives du Togo, combinant innovation financière, ambition architecturale et exigence de développement durable.













