CEDEAO : 20 millions d’euros pour déployer l’agroécologie en Afrique de l’Ouest depuis Lomé

Lomé a servi de rampe de lancement. Le Projet de promotion des innovations agroécologiques en Afrique de l’Ouest (PIA-AO) y a été officiellement lancé le 4 septembre, devant plus de 150 acteurs venus de toute la région. L’initiative est pilotée par l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA) de la CEDEAO.
Le budget est à la hauteur de l’ambition : 20 millions d’euros, financés à parts égales par l’Agence française de développement (AFD) et l’Union européenne à travers le mécanisme DeSIRA+. Le projet prolonge le Programme agroécologie 2018-2025 et vise un saut d’échelle dans la diffusion des pratiques durables.
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Sur l’enveloppe totale, environ 12 millions d’euros sont destinés aux organisations qui diffusent les innovations agricoles. Vingt projets multi-acteurs ont déjà été retenus, pour plus de 12,8 millions d’euros d’accords signés. « Il est important de mettre les innovations agroécologiques à l’échelle pour permettre à davantage d’exploitations agricoles d’en bénéficier et d’améliorer leur production », a expliqué Kanfitin Konlani, directeur exécutif de l’ARAA.
Le Togo est directement concerné. Il accueille trois des projets sélectionnés, en plus d’actions de renforcement des capacités des acteurs agricoles. Une place cohérente pour un pays où l’agriculture pèse plus de 40 % du PIB et emploie près de 65 % de la population active. La pression climatique, de plus en plus forte, rend l’adaptation indispensable. Dans les Plateaux-Ouest, une étude a d’ailleurs commencé en janvier pour recenser les pratiques agroécologiques existantes et les difficultés rencontrées par les producteurs.
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Le projet poursuit trois objectifs : améliorer les revenus des exploitations familiales, renforcer leur résilience face au changement climatique et favoriser l’ancrage des systèmes agroécologiques dans les politiques nationales. Le lancement de Lomé marque donc une étape concrète dans la coopération entre la CEDEAO, l’Europe et le Togo. Les accords sont signés. Les premiers projets démarrent. La suite se jouera dans les champs, là où les pratiques se testent, se prouvent et se propagent.
L’agroécologie n’est plus une expérimentation marginale. Elle devient un programme structuré, doté d’un budget, d’une coordination régionale et de partenaires engagés. Reste à transformer les financements en changements visibles pour les producteurs. C’est là que tout se jouera. Sur la durée. Et sur le terrain.



