
L’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a relevé la note souveraine du Togo, qui passe désormais à B+. Cette décision, intervenue dans un contexte de revue annuelle des notations africaines, place le pays dans une dynamique positive au sein du continent, alors que le rapport de l’agence dresse un panorama contrasté avec sept relèvements contre seulement deux dégradations en 2025. La mobilisation des recettes intérieures constitue l’un des principaux facteurs ayant motivé cette hausse. Selon l’analyse de l’agence américaine, les efforts du gouvernement togolais pour élargir l’assiette fiscale et améliorer le recouvrement des impôts portent leurs fruits. Les réformes structurelles engagées dans le pays contribuent également à cette amélioration de la notation, avec pour objectif de renforcer la compétitivité de l’économie togolaise et de créer un environnement favorable aux investissements privés, nationaux comme étrangers.
Ce passage à la note B+ améliore significativement la perception du risque souverain du Togo sur les marchés financiers internationaux. Une notation plus favorable qui peut faciliter l’accès du pays aux financements extérieurs et potentiellement réduire les coûts d’emprunt lors de futures émissions obligataires. Le Togo rejoint ainsi d’autres pays comme le Kenya, l’Égypte, l’Afrique du Sud, le Ghana et la Zambie qui ont également bénéficié de rehaussements de notes en 2025, chaque cas répondant à des logiques différentes allant de la stabilisation financière aux restructurations de dette en passant par des réformes sectorielles. Alors que la notation justifie de meilleures perspectives économiques pour le Togo au même titre que le Maroc et l’Égypte, elle parle de réduction des déséquilibres extérieurs pour le Kenya, d’amélioration des trajectoires budgétaires pour l’Afrique du Sud et de la restructuration de leur dette pour le Ghana ou la Zambie. L’agence note par ailleurs que la croissance moyenne des pays africains notés s’est maintenue autour de 4,5 % en 2024 et 2025. Les prévisions restent stables pour l’année 2026, témoignant d’une certaine résilience des économies du continent malgré les défis économiques mondiaux. L’amélioration des conditions de financement a également joué un rôle dans cette dynamique continentale, avec un coût moyen de la dette en baisse à 7,7 % en 2025. Le dynamisme des émissions souveraines, près de 18 milliards de dollars levés sur les marchés internationaux, témoigne d’un accès plus fluide au marché pour certains émetteurs africains.

Le Maroc a enregistré le signal le plus fort de l’année en retrouvant en septembre la catégorie « investment grade » avec une note de BBB-. Cette catégorie atteste de la capacité d’un État à honorer ses engagements financiers et ouvre l’accès à de nombreux investisseurs institutionnels occidentaux. Le rapport de S&P souligne toutefois que la dynamique demeure très disparate sur le continent africain. Si les réformes économiques, le ralentissement de l’inflation et des cours favorables pour certaines matières premières comme l’or et le cacao ont soutenu plusieurs économies, d’autres demeurent sous pression en raison de déséquilibres budgétaires persistants et de chocs sectoriels. Sur les 27 souverains africains notés par S&P, quatre affichent désormais une note dans la catégorie « investment grade » : le Botswana, le Maroc, Maurice et Saint-Hélène. La moitié se situe dans la catégorie B, où figure maintenant le Togo avec sa note B+ qui reflète les efforts de résilience économique, de consolidation budgétaire, de réformes structurelles et les mesures prises en faveur de la restructuration de la dette, qui ont collectivement renforcé la solvabilité souveraine. Une progression qui confirme la trajectoire positive engagée par les autorités togolaises sur le chemin de l’orthodoxie financière et de l’attractivité économique.















