
C’est officiel depuis quelques jours. Le Projet d’amélioration de la sécurité hydrique en milieu urbain au Togo (PASH-MUT) est annulé. La décision, prise conjointement par le gouvernement togolais et le Groupe de la Banque mondiale, a été formalisée dans un courrier adressé le 26 juin à Sandra Ablamba Johnson, ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil et gouverneure de la Banque mondiale au Togo, et à Séna Alipui, ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement.
Lancé en 2023, le PASH-MUT ambitionnait de renforcer l’accès à l’eau potable dans les grandes agglomérations du pays, de moderniser les infrastructures de distribution et de réduire les pertes. Trois ans plus tard, le diagnostic est sévère. La mission de revue à mi-parcours, conduite du 26 mai au 1er juin 2026, a relevé une accumulation de défaillances : faiblesse des décaissements, retards dans le lancement des investissements structurants, dysfonctionnements persistants dans les procédures de passation de marchés, fragilité du dispositif de mise en œuvre.
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Les notes attribuées reflètent cette situation. L’atteinte de l’objectif de développement est jugée « modérément insatisfaisante ». La performance de mise en œuvre a été revue à la baisse, à « insatisfaisante ». La lettre est sans équivoque : « Bien que la stratégie des objectifs poursuivis dans le secteur demeure pertinente, les difficultés persistantes de mise en œuvre ne permettent plus d’envisager une relance du projet dans sa configuration actuelle. »
L’annulation a été actée lors du séminaire gouvernemental du 12 juin, à l’occasion d’un échange entre le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, et Ousmane Diagana, vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Une correspondance du vice-président régional, datée du 22 juin, résume les décisions convenues : annulation du PASH-MUT et préparation d’un « Compact Eau » dans le cadre de l’initiative Water Forward.
Un nouveau départ
Les deux parties veulent désormais tourner la page. La Banque mondiale propose d’organiser, de manière concertée, les étapes techniques, fiduciaires, environnementales, sociales et administratives de la clôture du projet. Une feuille de route sera élaborée pour établir l’état des engagements contractuels et déterminer les activités à finaliser, clôturer ou transférer.
L’objectif est de capitaliser les leçons du PASH-MUT pour bâtir une nouvelle opération d’envergure dans le secteur de l’eau, jugé déterminant pour l’atteinte des objectifs de la Vision 2040. La Banque mondiale se dit disposée à accompagner le gouvernement dans la préparation de ce Compact Eau, destiné à soutenir une nouvelle dynamique sectorielle. Un échec opérationnel, donc, mais qui ouvre la voie à un cadre repensé.



