
Alors que la neuvième Conférence de Tokyo sur le développement africain (TICAD 9) s’est à peine ouverte, le Président du Conseil Faure Gnassingbé s’est entretenu avec le Premier ministre japonais, Shigeru Ishiba. Objectif : transformer les promesses en projets concrets. Une rencontre en tête-à-tête qui s’inscrit dans la continuité des échanges réguliers entre le Togo et le Japon axé sur la recherche des solutions aux défis communs.
Le temps n’est plus aux généralités. Les délégations élargies, qui rejoignent ensuite les deux dirigeants, planchent sur les dossiers chauds : infrastructures, sécurité, investissements. Lomé, plaque tournante logistique en surchauffe, mise sur un partenaire de poids : le Japon. Au cœur des discussions, le port de Lomé, où un investissement majeur de la société Toyota Tsusho est dans les starting-blocks. Il ne s’agit plus seulement de développer, mais de connecter l’Afrique de l’Ouest. Et le Togo entend bien en être la tête de pont.
Mais la conversation bascule rapidement du développement vers la realpolitik. Faure Gnassingbé, fin tacticien, porte une double casquette : celle de médiateur régional chevronné. Il expose sans fard la complexité des défis sécuritaires qui encerclent la région du Sahel à la RDC. Son argument est implacable : pas de stabilité sans justice sociale, pas de sécurité sans lutte contre la pauvreté. Il appelle à une mobilisation accrue, mais surtout à un « dialogue plus franc et plus inclusif ». Un plaidoyer pour que l’aide épouse enfin les besoins réels du terrain, et non l’inverse.
Face à lui, Shigeru Ishiba écoute, salue, et engage. Le Japon réaffirme son engagement, mais un engagement désormais stratégique. Il ne se contente plus de financer des projets ; il cherche des partenaires fiables, des portes d’entrée stables. Le Togo, par son rôle de médiateur et sa stabilité, incarne cet interlocuteur privilégié. Les domaines de coopération visés que sont l’économie, l’agriculture, la sécurité dessinent les contours d’un partenariat d’influence. Tokyo ne vient pas en Afrique par pure philanthropie ; il y vient pour ses intérêts, et le Togo semble être l’un de ses meilleurs atouts.
La soirée s’achève par un banquet offert aux dirigeants africains. Les sourires et les poignées de main reprennent le dessus. Mais derrière le protocolaire, une chose est sûre : si les conclusions de la TICAD veulent éviter l’oubli, elles devront passer par des actes. Et l’entente entre Lomé et Tokyo pourrait bien en être la première concrétisation.


















