Togo en Action

Aviation : Le Togo réduit de plus de 98% les frais d’installation des compagnies

Le Togo baisse drastiquement le ticket d’entrée pour les compagnies aériennes. En marge de la première réunion du Comité de Supervision Économique du Transport Aérien de la CEDEAO, qui s’est tenue les 2 et 3 juillet à Lomé, le directeur général de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile, le lieutenant-colonel Idrissou Ahabou Abdou, a annoncé une mesure choc : les frais d’installation pour une compagnie souhaitant s’établir au Togo passent de 200 millions à 3,5 millions de FCFA.

« Sur instruction du champion du MUTAA, nous allons appliquer une nouvelle directive. Vous pouvez désormais vous installer en tant que compagnie avec 3,5 millions au lieu de 200 millions. C’est une réduction de plus de 90 % », a déclaré le patron de l’ANAC devant la presse.

Concurrence, connectivité, prix bas

La logique est simple : abaisser les barrières à l’entrée pour attirer plus de compagnies, multiplier l’offre, créer de la concurrence, et obtenir mécaniquement une baisse des tarifs. « Quand on multiplie les compagnies aériennes, ça entraîne mécaniquement une concurrence, et la concurrence entraîne mécaniquement la baisse des coûts », a résumé le lieutenant-colonel Idrissou Ahabou Abdou.L’objectif final est de muscler la connectivité de l’Aéroport International Gnassingbé Eyadéma et de le positionner comme un hub régional. Le ministre des Transports, Komlan Kadjé, l’a rappelé lors des travaux : « La prospérité de chacun de nos aéroports dépend de la fluidité de l’ensemble. Aucun hub ne prospère seul. »

Cette décision nationale s’inscrit dans un mouvement régional. En décembre 2024, les chefs d’État de la CEDEAO, réunis à Abuja, avaient décidé d’abolir les taxes sur le transport aérien et de réduire de 25 % les redevances passagers et sécurité, avec une entrée en vigueur au 1er janvier 2026. Le Togo a choisi d’aller plus loin sur le volet de l’attractivité du marché local.Chris Appiah, directeur du Transport à la Commission de la CEDEAO, a indiqué que les États membres affichent des niveaux de transposition variables de l’acte additionnel d’Abuja. Les projections des experts parlementaires de la CEDEAO tablent sur une baisse des prix des billets d’environ 40 % et une progression de la demande de 20 à 30 % en cas d’application intégrale.

« Le Togo montre le chemin », a conclu le DG de l’ANAC, rappelant que le pays avait accueilli du 15 au 19 juin la première Convention et Exposition Africaines du Transport Aérien, qui avait permis à chaque État de mesurer les enjeux du marché unique. La réduction des frais d’installation est la première traduction concrète de cet engagement.

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