
Le Togo a officiellement adopté ce mercredi son « pacte national pour l’énergie » aux côtés de seize autres nations africaines, lors du Forum mondial Bloomberg Philanthropies. Cette signature marque une étape décisive dans le cadre de l’initiative « Mission 300 », un partenariat de grande envergure piloté par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) qui vise à fournir un accès à l’électricité à 300 millions d’Africains d’ici 2030. Aux côtés du Bénin, du Cameroun, de l’Éthiopie, du Ghana et d’autres pays engagés, le Togo s’est donc doté d’une feuille de route sur mesure. Ce pacte est conçu pour guider les réformes structurelles, orienter les dépenses publiques et, surtout, attirer les investissements privés indispensables au développement du secteur. Il s’articule autour de trois piliers fondamentaux : le développement des infrastructures, la mobilisation des financements et l’amélioration des politiques publiques. Pour le Président du conseil, Faure Gnassingbé, cet engagement est stratégique. « Nous garantissons une électricité fiable, abordable et propre à tous, ainsi qu’un accès à la cuisson propre. Ce Compact mobilise massivement le secteur privé pour accélérer notre industrialisation et faire du Togo un hub énergétique compétitif », a-t-il déclaré, soulignant la double ambition d’assurer l’accès universel à l’électricité et de positionner le pays comme un acteur énergétique régional.

Cette vision rejoint les objectifs macroéconomiques de l’initiative Mission 300. « L’électricité est à la base de l’emploi, des opportunités et de la croissance économique », a rappelé Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale, présentant l’initiative comme un catalyseur de réformes durables. Un avis partagé par le nouveau Président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, pour qui « une énergie fiable et abordable est le moyen le plus rapide de faire croître les petites et moyennes entreprises, le secteur agroalimentaire, le travail numérique et la valeur ajoutée industrielle ».
Les pactes nationaux comme celui du Togo sont au cœur du dispositif. Ils s’appuient sur des plans d’action concrets et s’ajoutent à ceux d’une première cohorte de onze pays, portant à plus de 400 le nombre de mesures engagées à l’échelle du continent pour moderniser les services électriques. Les progrès sont déjà tangibles : depuis son lancement, Mission 300 a déjà permis de connecter 30 millions de personnes, et plus de 100 millions devraient bénéficier de nouveaux projets dans un avenir proche. Pour le Togo, cet engagement international vient consolider et accélérer une dynamique nationale déjà en marche. La stratégie d’électrification du pays, qui vise un accès universel à l’horizon 2030, a récemment reçu un coup d’accélérateur majeur avec l’obtention d’un financement de 200 millions de dollars (plus de 120 milliards de FCFA) de la Banque mondiale pour le Projet de développement inclusif grâce à l’accès à l’électricité (IDEA). Ce programme prévoit notamment la construction de lignes de transmission critiques de 161 kV, devant bénéficier à 1,5 million de Togolais. En signant donc ce pacte à New York, le Togo ne fait pas que s’engager pour l’accès à l’électricité de sa population ; il active un levier puissant pour transformer son économie, séduire les investisseurs et affirmer son ambition de devenir un carrefour énergétique en Afrique de l’Ouest.














