
Elle est la responsable opérationnelle du Groupe de la Banque mondiale. En visite au Togo, Anna Bjerde, Directrice générale des opérations de l’institution, a accordé un entretien exclusif à TogoFirst ce jeudi dernier au terme d’une journée marathon qui l’a vue signer cinq nouveaux projets pour 429 millions de dollars, visiter un site emblématique de protection côtière et s’entretenir avec les plus hautes autorités du pays. Loin du protocole, la responsable a livré une feuille de route sans détour pour le développement du Togo.
D’emblée, Anna Bjerde pose le diagnostic. Le Togo a besoin d’environ 150 000 nouveaux emplois par an pour absorber l’arrivée des jeunes sur le marché du travail. Or, seuls 100 000 sont actuellement créés. Un déficit de 50 000 emplois par an qui hypothèque l’avenir de toute une génération. La solution, pour la Banque mondiale, ne fait aucun doute. « Sous l’impulsion de Vision 2040, l’accent est mis sur la croissance, la création d’emplois et la participation du secteur privé. C’est la seule voie possible : il faut de la croissance, et pour y parvenir, il faut faire du secteur privé un acteur central de la solution », a-t-elle martelé. Avant de détailler les prérequis : « Des infrastructures. L’énergie, la connectivité des transports et la logistique, qui constituent déjà un atout pour le Togo, ainsi que la numérisation. L’agriculture, en particulier l’agrobusiness, recèle aussi un immense potentiel. »
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La visite n’était pas seulement théorique. « Nous avons signé cinq nouveaux projets d’environ 429 millions de dollars », s’est félicitée Anna Bjerde. Au menu : la modernisation de la voie ferrée reliant le Port de Lomé à l’hinterland, l’électrification des dernières zones non couvertes, le développement du gaz naturel, un programme ciblant les régions défavorisées du nord, et le parachèvement du système d’identité numérique. « Au-delà, nous devons continuer à lever les obstacles à la croissance du secteur privé, qui demeure le principal employeur du pays. »
Un autre motif de satisfaction : une allocation spéciale de prévention et de résilience récemment approuvée pour le Togo. « Elle augmente les ressources disponibles pour s’attaquer aux causes profondes de la fragilité, en particulier dans les communautés vulnérables proches de zones fragiles. Si l’on ne travaille pas sur la prévention, on accélère le moment où un risque anticipé devient une réalité », a expliqué la Directrice.
WACA : quand la lutte contre l’érosion crée des emplois et des plages
Sur le site du WACA, Anna Bjerde a mesuré l’impact concret du projet. « J’ai échangé avec des bénéficiaires qui m’ont dit que le projet leur apportait réellement une aide, car il a accru la disponibilité du poisson. La pêche est ici une source de revenus importante, pour les pêcheurs comme pour les femmes qui fument et vendent le poisson. » Mieux : le recul de l’érosion a stimulé le tourisme local. « Il y a désormais une plage que les gens viennent visiter », s’est-elle réjouie.
Interrogée sur le Port de Lomé, la Directrice a salué « un atout exceptionnel. Nous souhaitons continuer à développer son activité grâce à des infrastructures supplémentaires, notamment la modernisation du réseau ferroviaire. » Au terme de cet entretien, le message est limpide : le Togo a les atouts pour prospérer. Reste à transformer ces avantages en emplois.



