
Combien coûte un kilomètre de route, un logement, un pont ? La question n’a rien d’anecdotique. Elle est au cœur des travaux qui réunissent depuis le 29 juin à Lomé les experts de la CEDEAO. Leur mission : bâtir un cadre méthodologique commun pour mesurer le coût de la construction dans la sous-région. Objectif final : doter les États membres d’un outil statistique harmonisé, capable d’éclairer les politiques publiques et les investissements.
L’Indice du coût de la construction (ICC) est un instrument composite. Il agrège le prix des matériaux, le coût de la main-d’œuvre, les frais de gestion ainsi que la location et l’amortissement du matériel. Un chantier méthodologique ambitieux, mais nécessaire pour comparer les économies de la région sur une base fiable.
Les travaux antérieurs du Groupe de travail technique ont déjà permis d’avancer sur la composante la plus lourde : les matériaux de construction. Elle pèse à elle seule plus de 60 % de l’indicateur global. « Aujourd’hui, nous sommes réunis pour discuter des trois autres composantes : la main-d’œuvre, les moyens de gestion ainsi que la location et l’amortissement du matériel », a expliqué Dr Ndiaye, gestionnaire du projet PHASAOC à la Commission de la CEDEAO.
Des données comparables pour des décisions éclairées
L’enjeu dépasse la simple statistique. Le secteur du BTP est un moteur de croissance dans la plupart des économies ouest-africaines. Routes, logements, bâtiments publics, équipements collectifs : ces investissements pèsent lourd dans les budgets nationaux. Disposer de données comparables entre pays est essentiel pour améliorer les analyses macroéconomiques, orienter les choix budgétaires et renforcer la transparence.
Les experts réunis à Lomé jusqu’au 3 juillet doivent définir des méthodologies communes de collecte et de traitement des données, harmoniser les nomenclatures et valider le plan de rédaction du futur guide méthodologique régional.
Pour le Togo, l’adoption d’un indice harmonisé contribuera à renforcer la qualité des données économiques et à améliorer la planification des investissements publics. Un atout de plus pour un pays qui fait du secteur des infrastructures un pilier de sa stratégie de développement.



