
Alors que la Banque africaine de développement (BAD) et le gouvernement togolais font le bilan de leur partenariat cette semaine, c’est résolument tourné vers l’avenir que le pays regarde. Au-delà d’un portefeuille actif de 425 millions d’Unités de Compte (près de 343 milliards de FCFA), ce sont des projets d’une envergure inédite qui se dessinent, destinés à ancrer durablement le Togo comme plaque tournante économique de la sous-région. L’exercice de revue à mi-parcours de la stratégie-pays 2022-2026, ouvert depuis lundi dernier pour quatre jours, sert de catalyseur. « Cet exercice nous offre l’occasion de revisiter nos acquis, d’identifier nos insuffisances et de formuler des solutions pragmatiques », a souligné Wilfried Abiola, le responsable-pays de la BAD. La revue permettra donc de capitaliser les expériences sur les forces et faiblesses, faire ressortir les contraintes et proposer les approches de solutions pour améliorer la qualité du portefeuille. Mais au fil des discussions, l’enthousiasme est palpable autour des chantiers de demain en dehors déjà de ceux en cours tels que la réhabilitation de la RN2, le Projet de transformation Agroalimentaire (PTA II) ou encore de la garantie partielle de crédit de 130 milliards de FCFA pour soutenir les investissements verts et sociaux.
Mais parmi les nouveaux projets structurants, on peut noter le dédoublement de l’Autoroute de l’Unité (RN1). Il s’agit en effet de l’un des plus grands projets infrastructurels de l’histoire du pays. Estimé à 2,9 milliards de dollars, cet axe vital qui relie Lomé à Cinkassé, à la frontière burkinabè, sera modernisé et dédoublé. L’objectif est clair : fluidifier le corridor logistique, désengorger le trafic et consolider la position du Togo comme hub régional incontournable. Autre projet, l’extension de l’aéroport international de Lomé. D’un coût de plus de 80 milliards FCFA (100 millions d’UC), elle vise à augmenter significativement les capacités de fret et de passagers de la plateforme aéroportuaire. Une nécessité pour accompagner la croissance économique et les ambitions de l’exécutif. Pour le gouvernement togolais, cette collaboration avec la BAD est un levier essentiel pour concrétiser sa feuille de route Togo 2025. « Cette feuille de route sera orientée conformément à la vision des plus hautes autorités pour devenir le Plan national de développement (PND) 2026-2030, un nouveau plan stratégique qui prendra en compte les dernières évolutions socio-économiques, politiques et environnementales », a rappelé le secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, Stéphane Kpowbie Tchasso Akaya, présent à l’ouverture des travaux.
Dans un contexte financier mondial tendu, le Togo continue de miser sur les partenaires multilatéraux comme la BAD pour accéder à des financements concessionnels avantageux. D’une valeur de 343 milliards FCFA, le portefeuille actuel de la BAD pour le pays continue en effet de porter ses fruits avec un taux de décaissement de 72,7%. Il finance 22 opérations, dont des projets aussi concrets que structurants. La revue en cours, qui s’achève ce jeudi 25 septembre, permettra de s’assurer que ces projets actuels sont sur les rails et que les enseignements tirés viendront nourrir la conception des futurs géants que sont l’autoroute et l’aéroport.












