
Devant un parterre de chefs d’État, d’investisseurs et d’opérateurs économiques ce jeudi à Yokohama, le Président du Conseil a réaffirmé son engagement pour le partenariat multilatéral en portant une voix ambitieuse, celle d’une Afrique qui entend transformer elle-même ses ressources et construire sa souveraineté économique. C’était lors de la deuxième plénière de haut niveau de la TICAD9 consacrée à la promotion du commerce et de l’investissement. Trois axes importants étaient au menu des discussions : : une industrialisation ancrée localement, une révolution numérique inclusive et une réforme profonde de l’architecture financière internationale. Contre le modèle d’industrialisation importée, Faure Gnassingbé a d’entrée de jeu plaidé pour une approche endogène, adaptée aux réalités africaines. « L’industrialisation ne saurait être un modèle importé. Elle doit être à la fois co-créée et localisée. Transformer nos ressources chez nous, c’est créer des emplois, capter la valeur ajoutée et réduire notre dépendance », a-t-il insisté. Il a illustré son propos par la stratégie du Togo, qui développe des zones industrielles spécialisées et s’appuie sur des partenariats de long terme avec des pays comme le Japon. L’objectif : intégrer les chaînes de valeur régionales, adapter les technologies aux besoins locaux et former les talents africains.
Le numérique, outil d’inclusion et de productivité
Autre axe fort de son intervention : le rôle central du numérique comme levier de développement horizontal. Le Togo, souvent cité pour ses avancées en matière de gouvernance digitale, mise sur les infrastructures souveraines, data centers, intelligence artificielle, cybersécurité pour irriguer tous les secteurs : agriculture, logistique, PME, services publics. « Le numérique ne doit pas être réservé au capital ou aux grandes entreprises. Il doit bénéficier à tous », a martelé le Président du Conseil. Une ambition qui s’inscrit dans la construction d’un écosystème numérique continental sécurisé et équitable, en collaboration avec des partenaires technologiques comme le Japon. Enfin, M. Gnassingbé a dénoncé avec fermeté les critères d’endettement internationaux, qu’il juge inadaptés aux réalités des économies africaines. « Nous devons pouvoir financer nos infrastructures, notre énergie, notre capital humain, sans être pénalisés par des grilles d’évaluation qui ignorent nos spécificités ».

Une vision panafricaine assumée
Au-delà du cas togolais, c’est une vision résolument panafricaine que le chef de l’État a portée à Yokohama : une Afrique unie, qui négocie d’égal à égal, valorise ses ressources et construit son avenir selon ses propres termes. « Le commerce et l’investissement ne doivent pas se résumer à des indicateurs de croissance. Ils doivent être des leviers de souveraineté et d’inclusion pour tous les Africains », a-t-il conclu, en appelant à un renouvellement stratégique des coopérations internationales. Par cette intervention, le Togo confirme son positionnement parmi les nations africaines qui militent pour un multilatéralisme rénové, où le dialogue et l’innovation servent une souveraineté économique partagée.


















