Pas de discours convenu mais un axe précis d’intervention avec des réflexions sur l’avenir du continent. Devant les nombreuses personnalités et autres dirigeants gouvernementaux à l’ouverture du 22 ème Forum Économique International sur l’Afrique à Paris, le Chef de l’État togolais, n’a guère manqué de partager ses analyses mais surtout son optimisme sur les perspectives économiques du continent. Alors que cette rencontre organisée par le Centre de développement de l’OCDE et avec la Commission de l’Union africaine (UA) devrait se pencher sur les nombreux freins à l’investissement durable, Faure Gnassingbé, lui, en a profité pour présenter la grande diversité des atouts de l’Afrique et les solutions mises en œuvre par exemple par son pays, le Togo pour stimuler l’investissement, « une croissance inclusive et un développement durable ».

Lors de sa prise de parole, le Chef de l’État a dressé les opportunités et surtout « le nouveau visage » que présente le continent pour les investisseurs. Trois facteurs sont à la manœuvre, selon lui. Il s’agit du dynamisme démographique, de transition énergétique et enfin du secteur privé. En effet, alors que certaines régions du monde s’apprêtent à voir leur population chuter, celle active en Afrique devrait doubler d’ici à 2050, pour représenter 70% de la croissance dans le monde avec un âge médian de 19 ans contre 42 en Europe. Ce qui serait un atout réel pour l’intégration. « La ZLECAF aujourd’hui est la plus grande zone de libre-échange au monde en termes de population, avec 1,3 milliards de personnes pour un PIB cumulé de 3400 milliards de dollars en 2022. Évidemment, il y a encore beaucoup à faire, mais le phénomène de nos marchés sera l’atout majeur de l’Afrique si nous savons nous en saisir », a indiqué Faure Gnassingbé.

La seconde opportunité, selon le dirigeant togolais est la transition énergétique. Il se veut, en effet rassurant. « Nous sommes particulièrement attractifs, contrairement à l’idée répandue, le contient africain a les ressources nécessaires pour réaliser sa transition énergétique ». Par exemple, on note que 60% des ressources solaires, 13% des réserves sur le gaz naturel et 70% de la production de cobalt dans le monde sont sur le continent. Mais le véritable problème, reste à tout point de vue l’investisseur. Car, en plus d’un endettement massif et une nette réduction des capacités budgétaires due à des chocs exogènes tels que la pandémie de l’infection à Covid-19, la guerre en Ukraine, les finances publiques ne peuvent valablement répondre aux besoins d’investissements immenses. Rien qu’en 2020, les besoins annuels du continent pour atteindre les objectifs de développement durable étaient de 272 milliards.

Pour Faure Gnassingbé, le secteur privé est alors une solution. Sauf que selon lui sa mobilisation dans les investissements en Afrique est inadaptée. « Pour résoudre ce paradoxe, il faut repenser le rôle de l’État. Il doit devenir le catalyseur de l’investissement privé. La question du climat des affaires dans ce contexte est importante et le Togo travaille chaque jour sur cette question. Mais le rôle de l’État ne peut pas se résumer à améliorer le climat des affaires » a-t-il soutenu avant de faire remarquer que « les investisseurs connaissent trop peu les opportunités. Il faut donc proposer des projets, de bons projets, des projets bancables. C’est le sens de la feuille de route du gouvernement du Togo ». Ce dernier, est un document intégré autour de 3 axes stratégiques déclinées en 10 ambitions et un portefeuille de 42 projets et réformes prioritaires.

















