En dépit des chocs récents et de leur revers sur les économies, c’est à se réjouir de voir le Togo maintenir à flot. Contrairement à d’autres pays d’Afrique subsaharienne, le pays a réussi à éviter une récession en 2020 avec une croissance atteignant 2,0% en 2020 (-0,4 % par habitant), en partie grâce des réformes fortes ayant augmenté de 7,1 points de pourcentage du PIB en un an. Un exploit que la Banque Mondiale salue dans une étude présentée hier mercredi à Lomé. Intitulé « Libérer le potentiel de croissance du pays », le document de 64 pages livre une analyse détaillée de la gouvernance économique ces trois (03) dernières années au Togo ainsi que les perspectives.

Entre les lignes, l’étude détaille et salue à la fois les stratégies et les réformes structurelles mises en œuvre par le pays pour faire face aux récentes incertitudes. Face à l’apparition de la pandémie de l’infection à Covid-19 en 2020, la guerre en Ukraine en 2022, une inflation intérieure élevée et une insécurité croissante dans la région des Savanes, l’économie togolaise a affiché une résilience avec des mesures d’urgence. La croissance est alors restée robuste, à 5,8 % en 2022, soutenue par une augmentation des dépenses publiques qui a permis de contrecarrer la décélération des dépenses de consommation et des exportations. « Les ménages à faible revenu ont été touchés par la forte inflation des prix des denrées alimentaires en 2021-22, mais cet effet sur le taux de pauvreté a été compensé par une croissance économique soutenue et les bénéfices que retirent les ménages dépendant de revenus agricoles », précise le document.

Plus encore, la croissance devrait se stabiliser en 2024 avant de s’accélérer en 2025, notamment soutenue par le rebond attendu de l’économie mondiale. En 2024, elle sera de 5,2 %, avant de se redresser à 5,8 % en 2025. Selon les économistes de l’institution (Marc Stocker et Amevi Rocard Kouwoaye), elle sera propulsée par l’investissement privé et les dépenses de consommation alors que les exportations fourniront un « élan supplémentaire en 2025 dans la perspective d’une reprise de la croissance mondiale après une période d’apathie ». Mais la montée des risques sécuritaires et de possibles chocs climatiques pourra constituer des risques au point d’affecter l’embellie du pays.
Toutefois, le document révèle que le Togo possède un énorme « potentiel de croissance » dont le bénéfice nécessite des réformes structurelles et coordonnées dans des secteurs stratégiques pour entraîner « une accélération du potentiel de croissance jusqu’à 7 % d’ici 2030 ». Entre autres, on note l’agro-industrie, le secteur manufacturier, le commerce et la logistique. La mise en œuvre de l’accord de libre-échange du continent africain pourrait être, selon les auteurs du document, un véritable catalyseur pour de nouveaux investissements étrangers.
« La ZLECAf pourrait améliorer de manière significative l’attractivité du Togo pour les investissements directs étrangers, ce qui pourrait conduire à une augmentation de 135 % du stock d’IDE d’ici 2035 », ont-ils écrit. D’autres aspects ont été également mentionnés tels que l’amélioration de l’accès des populations vulnérables à l’éducation, aux soins de santé et aux systèmes de protection sociale. « Une telle accélération constitue un défi important car elle dépasserait les meilleurs résultats historiques de pays pairs, et devrait être combinée à des mesures stimulant l’épargne nationale et la productivité pour assurer une trajectoire d’endettement soutenable », a conclu l’étude.



















