Togo en Action

Coopération judiciaire : Lomé et Paris parlent de défis sécuritaires, l’opposition attendait autre chose

Le ministre togolais de la Justice et des Droits humains, Pacôme Adjourouvi, a été reçu ce mercredi dernier à Paris par son homologue français, Gérald Darmanin. Officiellement, les échanges ont porté sur l’entraide judiciaire, la coopération pénale internationale et la formation des magistrats. « Face au terrorisme et aux ingérences notamment, la France se tient aux côtés du Togo », a déclaré le garde des Sceaux français à l’issue de la rencontre. Mais à Lomé, cette audience a été suivie avec une attention toute particulière. Dans les rangs de l’opposition et de la société civile, beaucoup y ont vu une occasion manquée ou au contraire une opportunité que le ministre n’a pas pu esquiver d’aborder le sort de certains opposants togolais installés en France. Au premier rang desquels le journaliste Ferdinand Ayité, journaliste togolais établi en France et très critique contre les autorités togolaises.

La présence de Pacôme Adjourouvi place Vendôme a ravivé le débat sur l’extradition de ces profils que Lomé qualifie de « déstabilisateurs » et que leurs soutiens présentent comme des voix dissidentes protégées par le droit d’asile. Aucune communication officielle n’a filtré sur ce volet sensible de la rencontre, mais l’ombre de ces dossiers planait sur l’audience. Sur le fond, la coopération judiciaire entre Lomé et Paris connaît une montée en puissance. Les régions septentrionales du Togo restent exposées aux incursions de groupes armés actifs dans la bande sahélienne. Les autorités togolaises cherchent à renforcer leurs outils juridiques contre le financement du terrorisme, la criminalité transfrontalière et la radicalisation. La France, qui accompagne déjà le Togo dans la modernisation de son système judiciaire via des programmes de formation avec l’École nationale de la magistrature, entend muscler cette coopération.

Cette rencontre intervient quelques semaines après le passage à Lomé du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et confirme le rapprochement en cours entre les deux capitales sur le volet sécuritaire et judiciaire. Reste à savoir jusqu’où Paris est prête à aller sur le terrain, plus glissant, des demandes d’extradition à motivation politique.

 

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