Chine, Russie, Commonwealth… Le Togo, désormais hub de l’investissement en Afrique de l’Ouest.

Ils viennent d’Egypte, de Chine, de Russie, d’Oman, ou encore des pays du Commonwealth… Ils sont patrons de grands groupes, d’émissaires économiques, des investisseurs à la recherche de terrains fertiles. Tous, en l’espace d’une semaine à peine, ont posé leurs valises à Lomé. Le Togo est en train de se faire un nom, et les grandes fortunes comme les entreprises internationales ne s’y trompent plus. Derrière cette effervescence, un homme orchestre la partition : Arthur Trimua, ministre délégué chargé de la Promotion des investissements et de la souveraineté économique. C’est lui qui reçoit, signe, guide les délégations à travers les vitrines de l’économie togolaise. En quelques jours, son agenda a flirté avec les records. À chaque rencontre, une certitude : Lomé n’est plus seulement une étape, elle devient une destination.

Mercredi dernier, coup de projecteur avec le groupe chinois Weihai International Economic and Technical Cooperative Co. Ltd (WIETC), géant de l’ingénierie et des travaux publics. Un mémorandum d’entente signé entre les autorités togolaises et Lu Xinyong ouvre la voie à des investissements dans quatre secteurs stratégiques : santé, énergies renouvelables, infrastructures et recherche scientifique. Le groupe, habitué des grands chantiers hydroélectriques et aéroportuaires, s’inscrit dans la dynamique de l’initiative « Belt and Road » (Nouvelle Route de la Soie). Il valide surtout une stratégie nationale : faire du Togo un terrain de jeu privilégié pour les partenariats gagnant-gagnant.

Même semaine, autre mission, autre poids : le Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC) dépêche une délégation à Lomé. Au menu, une visite qui en dit long sur les ambitions togolaises : la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA), vitrine de l’industrialisation, et le Port autonome de Lomé, hub logistique parmi les plus performants d’Afrique de l’Ouest. Accompagnés par Arthur Trimua, les investisseurs du Commonwealth ont vu de leurs yeux ce que beaucoup commencent à comprendre : ici, les infrastructures sont là, la vision aussi. Des perspectives concrètes s’ouvrent dans l’agroalimentaire et l’industrie, avec un objectif clair : créer des emplois et accélérer la transformation structurelle.

La Russie et Oman : de nouveaux horizons
L’intérêt ne faiblit pas. Avec la Russie, un vieux partenaire stratégique le ton est également donné : plus question de se contenter d’échanges commerciaux classiques. Lomé et Moscou veulent des unités industrielles mixtes, de la valeur ajoutée locale, de l’emploi. Trois secteurs prioritaires : sécurité alimentaire, industrie minière, énergie. La Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) est déjà sur le pont pour structurer le dialogue entre entrepreneurs russes et porteurs de projets locaux. En outre, le Sultanat d’Oman, discret sur le continent africain, a aussi envoyé une délégation à Lomé le 23 mars dernier. Là encore, Arthur Trimua était aux commandes. Agriculture, énergie, ressources minières, infrastructures, pétrole et gaz : tous les secteurs stratégiques sont sur la table. Si l’accord se concrétise, ce serait une première et une porte grande ouverte vers le Moyen-Orient.

Mais Lomé n’intéresse pas que les Etats, mais aussi les grands patrons. Début mars, une visite a fait son effet. Samih Sawiris, l’une des plus grandes fortunes d’Afrique, fondateur d’Orascom Development Holding, a choisi le Togo pour explorer des opportunités. Immobilier, tourisme, infrastructures… L’homme, habitué des projets d’envergure mondiale, a passé au crible plusieurs projets structurants. Accompagné de Stefan Reutter, président d’Oxara, il a vu ce que beaucoup commencent à percevoir : le Togo n’est plus seulement une promesse, c’est un territoire où les choses avancent.
Une semaine, quatre missions, une dynamique
Rien qu’en une semaine, quatre missions économiques de premier plan ont foulé le sol togolais. Chinoise, russe, omanaise, du Commonwealth… sans oublier l’une des plus grandes fortunes du continent. Derrière cette frénésie, une réalité : le Togo a cessé d’être une simple porte d’entrée pour devenir un hub à part entière. Dans cette nouvelle donne, Arthur Trimua incarne la main tendue aux investisseurs, avec une stratégie assumée : capter les capitaux, diversifier l’économie, créer des emplois. L’effet de levier commence à fonctionner. Les délégations se bousculent, les signatures s’enchaînent, les projets s’accumulent. À Lomé, on ne parle plus d’avenir. On construit le présent. Et les investisseurs, eux, sont déjà là !



