
Comme tous les ans, la Banque Mondiale a procédé, ce 1er juillet, à l’actualisation de sa classification des différents pays par groupe de revenus. Cette année, le Togo passe du groupe des économies à faible revenu à celui des revenus intermédiaires. Le seul pays au monde d’ailleurs pour 2026. L’institution de Breeton Woods a officialisé ce reclassement dans sa mise à jour annuelle couvrant 218 économies. Le pays rejoint ainsi ses voisins de l’UEMOA que sont la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Bénin dans la catégorie intermédiaire inférieure.
La classification de la Banque mondiale, qui servira de référence jusqu’à fin juin 2027, repose sur le revenu national brut par habitant calculé selon la méthode Atlas. Six pays changent de catégorie cette année. Cinq d’entre eux à savoir la Jordanie, la Micronésie, les Philippines, le Sri Lanka et le Vietnam grimpent dans la tranche supérieure. Le Togo est le seul à quitter le groupe des revenus faibles.
Croissance et démographie
Ce basculement doit autant à la dynamique économique qu’à un ajustement statistique. La croissance du PIB, évaluée à 5,9 % en 2025 par la Banque mondiale et réévaluée à environ 6 % par le FMI dans sa dernière revue, a soutenu la progression du revenu par habitant. Les mouvements de taux de change ont également joué un rôle favorable.
Mais le facteur déclenchant est démographique. La publication des résultats détaillés du recensement de 2022 a conduit à une révision à la baisse de 11,7 % de la population togolaise. Moins d’habitants pour une richesse équivalente, c’est mécaniquement un revenu par tête plus élevé.
L’accès aux guichets concessionnels préservé
Le reclassement ne ferme aucune porte. Les précédents régionaux sont rassurants. La Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Bénin, passés avant le Togo dans la catégorie intermédiaire, restent éligibles aux ressources de l’IDA, le guichet concessionnel de la Banque mondiale, et continuent de bénéficier des guichets bonifiés du FMI, même si les conditions de crédit évoluent progressivement vers des formules mixtes. À la Banque africaine de développement, le Sénégal et la Côte d’Ivoire cumulent désormais l’accès au Fonds africain de développement et au guichet souverain non concessionnel.
Le changement de statut n’est pas une sanction. Il ouvre au contraire une palette élargie d’options de financement, combinant ressources concessionnelles et emprunts aux conditions de marché. Le Togo pourra mobiliser davantage de moyens pour ses infrastructures, ses écoles et son énergie. Le reclassement est un signal. Aux autorités désormais de le transformer en levier.



