
Dans un contexte sécuritaire régional déjà sous haute tension, l’œil vigilant des soldats togolais a permis d’éventer une menace aussi silencieuse que dangereuse.
Alors que le terrorisme cherche à étendre ses tentacules bien au-delà des zones frontalières classiques, une opération discrète mais déterminante des Forces armées togolaises (FAT) a mis en échec, ces dernières semaines, un projet d’implantation de cellule djihadiste au cœur de la réserve naturelle de Fazao-Malfakassa. Une intervention qui témoigne de la capacité de l’armée à projeter sa force et à protéger les populations en amont du danger.
L’alerte a été donnée fin janvier, dans le massif forestier de Malfakassa, cette vaste étendue verdoyante qui chevauche la région Centrale et celle de la Kara. En patrouille dans ce secteur stratégique situé entre Sokodé et Bassar, des agents des Eaux et Forêts ont essuyé des tirs en provenance d’individus non identifiés. Loin de rester sans suite, cet accrochage a immédiatement déclenché une réaction en chaîne de l’état-major.

Dès la fin du mois de février, les FAT ont été déployées en force. Ratissant la zone, les soldats ont fait preuve d’une réactivité exemplaire, sécurisant les villages alentour et la bourgade d’Aleheride. Les opérations de fouille, menées avec minutie, ont rapidement porté leurs fruits. Dans la forêt de Boussalou, non loin des monts Malfakassa, les militaires ont mis au jour une importante cache d’armes. Le butin, composé de fusils d’assaut AK-47 et de grenades offensives, ne laissait aucun doute sur l’ampleur des intentions hostiles. L’enquête, pilotée conjointement par la gendarmerie et l’Agence nationale des renseignements (ANR), a permis de reconstituer le fil du complot. L’objectif des assaillants était clair : établir une base terroriste permanente dans le parc national, une zone refuge idéale par sa densité forestière.
Selon les premiers éléments, les individus auraient emprunté un couloir pastoral transfrontalier, entrant au Togo par le Bénin pour se fondre dans les flux de bergers nomades présents dans la région, avant de projeter de s’étendre vers le Ghana. Depuis le début de la crise sécuritaire selon les informations, cette zone est essentiellement investie par des peuls qui ont fui le nord Bénin et la région des Savanes. Face à cette menace d’expansion du djihadisme, qui cherche à descendre plus au sud depuis les zones d’incursion traditionnelles du Burkina Faso, la mécanique sécuritaire s’est immédiatement embrayée. Les patrouilles et les contrôles d’identité ont été renforcés. La promptitude des forces de défense a non seulement permis de saisir un arsenal conséquent, mais aussi de démanteler le réseau naissant : plusieurs dizaines de suspects, ainsi que leurs complices présumés au sein des populations locales, ont été interpellés et placés en garde à vue.
Dans ce climat de fragilité régionale, les autorités saluent la réactivité des éléments déployés sur le terrain. Elles rappellent que cette réussite est aussi celle de la collaboration citoyenne. C’est grâce aux signalements de mouvements suspects par les populations que l’armée a pu intervenir avec une telle précision. Aujourd’hui, dans cette partie du territoire, la consigne est claire : la vigilance reste de mise. Les Forces armées togolaises, en première ligne, poursuivent leurs opérations de sécurisation pour garantir que la quiétude de la région Centrale ne soit plus jamais prise pour cible.



