Face à la psychose née de signalements répétés d’enlèvements présumés et de disparitions inquiétantes ces derniers mois, le gouvernement togolais a voulu en avoir le cœur net. Installée le 24 janvier dernier par les autorités, une commission spéciale d’enquête a rendu ses conclusions, dévoilées hier mercredi 11 mars à l’issue du Conseil des ministres. Des travaux qui permettent, sinon de dissiper totalement l’inquiétude, du moins d’objectiver la situation et d’apporter des réponses concrètes aux familles. En effet, sur les 102 cas signalés aux autorités, les investigations menées ont permis de retrouver 86 personnes, dont une majorité de mineurs. « Les travaux de cette commission révèlent que, sur cent deux (102) cas signalés, quatre-vingt-six (86) personnes ont été retrouvées, dont soixante-trois (63) mineurs et vingt-trois (23) majeurs », précise le compte rendu officiel du Conseil des ministres. Seize (16) personnes restent activement recherchées par les services compétents, tandis qu’un seul cas d’enlèvement présumé fait toujours l’objet d’investigations approfondies.
Au-delà des chiffres, c’est la nature même des disparitions qui a retenu l’attention des enquêteurs. Contrairement à l’émotion suscitée sur les réseaux sociaux, où ces affaires ont été largement relayées et parfois amplifiées, les motifs s’avèrent souvent plus prosaïques. « Les enquêtes montrent que la majorité des disparitions sont liées à des conflits familiaux, des départs volontaires, des situations de négligence ou de vulnérabilité », indique le document officiel, qui évoque un « climat d’inquiétude » désormais pris très au sérieux par l’exécutif. Pour répondre à l’attente des populations et prévenir de nouveaux drames, le gouvernement annonce une série de mesures concrètes. Parmi celles-ci figurent « la création d’une base nationale centralisée des personnes disparues, le renforcement des patrouilles et du contrôle des flux migratoires, la sensibilisation des populations et de la jeunesse aux dangers des promesses de gains faciles et aux procédures de signalement ». À cette panoplie d’outils sécuritaires et préventifs s’ajoute une dimension technologique, avec la modernisation du laboratoire de criminalistique numérique pour lutter contre la désinformation.
À travers cette communication, le Conseil des ministres entend rétablir la sérénité et appeler à la responsabilité collective. « Le gouvernement appelle à la vigilance, au dialogue au sein des familles et à la coopération des citoyens avec les services de sécurité, afin de protéger les populations et prévenir toute situation de vulnérabilité », conclut le communiqué. Une manière de rappeler que si la réponse institutionnelle est essentielle, la prévention commence aussi dans les foyers et la mobilisation de chacun.



