Moins d’une semaine après sa désignation en tant que médiateur par l’Union Africaine (UA), Faure Gnassingbé a lancé ses consultations à un rythme effréné. Le président togolais a immédiatement entamé une serie de voyages et de rencontres avec les divers protagonistes de la crise. Hier mercredi, il a fait le déplacement de l’Angola pour des entretiens approfondis avec son homologue angolais João Lourenço, Président en exercice de la Conférence des chefs d’État de l’UA. Ce dernier, ancien médiateur du dossier, a fait un point complet sur l’évolution de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC.

Les deux dirigeants ont passé en revue les initiatives en cours pour relancer le dialogue entre Kinshasa et Kigali, tout en définissant le rôle clé du Togo comme nouveau facilitateur de paix. Les discussions à Luanda ont été marquées par une convergence de vues remarquable. Le Président João Lourenço a réaffirmé son plein soutien à la mission de son homologue togolais, saluant une diplomatie active qui vient d’être une nouvelle fois reconnue à l’échelle internationale. Fort de ce soutien, Faure Gnassingbé a immédiatement pris la direction de Kinshasa pour un face-à-face décisif avec Félix Tshisekedi. Cette rapidité d’exécution témoigne d’une urgence assumée : le médiateur togolais entend éviter les écueils des processus trop bureaucratiques pour privilégier l’action concrète.
Un atout majeur : la crédibilité du médiateur et l’héritage angolais
Plusieurs observateurs soulignent déjà que cette médiation reprise en main par le Chef de l’État, Faure Gnassingbé porte toutes les chances de succès. Ce dernier cumule en effet les atouts nécessaires pour une issue favorable : expérience des dossiers sensibles, réseau diplomatique étendu, et surtout la pleine confiance des instances continentales. Son approche pragmatique, combinée aux données terrain transmises par l’équipe angolaise, lui donne une longueur d’avance pour relancer le dialogue. Malgré ce départ encourageant, le chemin vers la paix s’annonce semé d’embûches. La méfiance historique entre Kinshasa et Kigali, les enjeux économiques liés aux ressources minières, et la complexité du paysage des groupes armés constituent autant de défis.

Prochaine étape : le dialogue avec Kagamé
Mais la méthode de Faure Gnassingbé faite de consultations rapides et ciblées pourrait permettre de débloquer des situations qui paraissaient figées. Le soutien actif de l’Angola, qui reste en appui technique à la médiation, ajoute un précieux atout à cette équation diplomatique. Tout indique d’ailleurs et selon des sources concordantes que le président togolais se rendra prochainement à Kigali pour compléter ce premier cycle de consultations. Ce sera le véritable test de la médiation : Paul Kagame, réputé pour son intransigeance sur les questions de sécurité, acceptera-t-il de jouer le jeu du dialogue ? Les bases posées à Luanda et Kinshasa, ainsi que le soutien affiché de l’ancien médiateur João Lourenço, pourraient créer les conditions d’une discussion plus ouverte. L’urgence commande : chaque jour perdu aggrave la crise humanitaire dans l’Est congolais.



















