
Elle était redoutée ces dernières semaines, la hausse substantielle du prix des produits pétroliers à la pompe. C’est chose faite. Le gouvernement togolais a officialisé, mardi 26 mai, une révision généralisée des tarifs sur l’ensemble du territoire national. Un arrêté interministériel, signé conjointement par le ministre des Finances et du Budget, le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, ainsi que par le ministre délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières, fixe les nouveaux prix applicables à la pompe à compter de ce mercredi 27 mai. L’arbitrage, présenté comme un ajustement aux réalités du marché énergétique, se traduit par des hausses sensibles pour l’ensemble des carburants.
Le super sans plomb enregistre une progression de 45 FCFA, passant de 680 à 725 FCFA le litre. Le gasoil subit une augmentation de 55 FCFA, pour s’établir désormais à 750 FCFA, contre 695 FCFA auparavant. Le mélange deux-temps connaît, quant à lui, la révision la plus modérée, avec une hausse contenue à 42 FCFA par litre. Mais c’est le pétrole lampant qui subit la flambée la plus spectaculaire de cette nouvelle grille tarifaire. Son prix bondit de 590 FCFA, grimpant de 650 à 1 040 FCFA le litre. Une augmentation vertigineuse qui pèsera lourdement sur le budget des ménages les plus modestes, pour qui ce combustible reste une source essentielle d’éclairage et de cuisson.
Conscient des disparités territoriales et du risque de dérapage des prix dans les zones les plus enclavées, l’exécutif a assorti sa décision d’un mécanisme de plafonnement strict. L’arrêté dispose que « pour les points éloignés des pompes, les prix indiqués à l’article premier du présent arrêté seront majorés de 20 FCFA maximum par litre par les directions régionales du commerce et du contrôle de la qualité ». Une mesure destinée à encadrer les frais de transport et de distribution et à prévenir toute spéculation abusive dans les régions reculées du pays.
Le texte précise en outre que la marge bénéficiaire des détaillants est uniformément fixée à 20 FCFA par litre pour le super sans plomb, le pétrole lampant et le gasoil. Une clarification qui vise à sécuriser la chaîne de distribution tout en limitant les surcoûts pour le consommateur final. Cette hausse généralisée intervient dans un contexte déjà marqué par des tensions autour du pouvoir d’achat. Il y a deux jours à peine, l’opposition et plusieurs organisations de la société civile montaient au créneau pour dénoncer par anticipation ce renchérissement des carburants, redoutant ses répercussions en cascade sur les prix des denrées de première nécessité et des transports.



