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Sénégal : Un technocrate à la Primature pour renouer avec le FMI et rassuré les investisseurs

Trois jours après avoir mis fin aux fonctions de son bouillant chef de gouvernement, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a porté son choix, lundi 25 mai, sur un technicien reconnu pour piloter l’exécutif. Ahmadou Al Aminou Lo, un ancien de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et ancien ministre, a été nommé Premier ministre, avec pour mission immédiate de restaurer la confiance des investisseurs dans un contexte de finances publiques dégradées. Dès l’annonce officielle de sa nomination, retransmise par la télévision publique, Ahmadou Al Aminou Lo a dressé un constat sans détour de la situation. « Nous devons tous être conscients de l’état d’urgence dans lequel se trouve actuellement notre pays. En particulier, de l’état des finances publiques et de son impact sur l’économie », a-t-il déclaré, tout en s’engageant à garantir la stabilité : « Le Sénégal est un pays sûr et fiable et entend le rester. »

Ce changement de cap intervient alors que Dakar négocie avec le Fonds monétaire international (FMI). L’institution a suspendu un programme d’aide de 1,8 milliard de dollars après la révélation d’une dette non déclarée, qui a propulsé l’endettement du pays à 132 % de son produit intérieur brut (PIB) à la fin de l’année 2024. La gestion de cette ardoise de 13 milliards de dollars a cristallisé les divergences au sommet de l’État. Le prédécesseur de Ahmadou Al Aminou Lo, Ousmane Sonko, s’opposait fermement à toute restructuration de la dette, une option qu’il accusait le FMI de vouloir imposer. Le président Bassirou Diomaye Faye, lui, s’était montré plus réservé sur ce dossier épineux.

Le limogeage d’Ousmane Sonko, vendredi, est l’épilogue de plusieurs mois de tensions croissantes entre les deux têtes de l’exécutif. Figure de proue du parti au pouvoir Pastef, l’ancien Premier ministre avait joué un rôle déterminant dans l’ascension de Bassirou Diomaye Faye. Fin mars, il avait publiquement mis en garde contre un possible basculement de sa formation politique dans l’opposition si le chef de l’État s’écartait du programme commun, une menace qui faisait planer l’incertitude sur la capacité du gouvernement à voter les réformes exigées pour débloquer l’aide internationale.

L’incertitude politique reste d’ailleurs entière quant au futur rôle de l’ancien Premier ministre. La démission, dimanche, du président de l’Assemblée nationale alimente les conjectures sur une possible accession d’Ousmane Sonko à ce poste stratégique. Les députés doivent se réunir ce mardi pour examiner sa « réintégration » au sein de l’hémicycle. Face à ce paysage politique mouvant, le nouveau Premier ministre a tenu un discours d’apaisement. Tout en saluant le bilan de l’équipe dirigée par son prédécesseur, notamment le plan de relance économique axé sur les ressources internes dévoilé l’an passé, Ahmadou Al Aminou Lo a assuré que son entrée en fonction ne marquait pas un renoncement à la « transformation systémique » promise par le président sénégalais. Il a évoqué une méthode renouvelée, en phase avec la vision du chef de l’État.

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