Le Togo a franchi une étape historique avec la mise en place effective de son premier Sénat. Après près d’un mois de travaux préparatoires, la session inaugurale, ouverte le 6 mars dernier, s’est achevée ce mercredi 2 avril par l’élection de son bureau dirigeant, présidé par Barry Moussa Barqué. Conformément à la réforme constitutionnelle adoptée en avril 2024, le Sénat togolais devient désormais une pièce maîtresse du nouveau système parlementaire.
Son nouveau et premier Président, figure politique de premier plan et homme de confiance du pouvoir, a été élu sans surprise pour un mandat de six ans. Il succède à Koudjolou Dogo, qui assurait l’intérim en tant que doyen d’âge. Le bureau du Sénat, quant à lui est composé de neuf membres, dont trois vice-présidents, deux questeurs et trois secrétaires parlementaires. Une configuration qui vise à tout point de vue à refléter les différentes composantes de la société togolaise.

Prochaines étapes : session ordinaire et élection présidentielle
Ainsi dans leurs attributs constitutionnelles, les 61 sénateurs ont également adopté le règlement intérieur de la nouvelle institution lors de cette session inaugurale. Dès ce jeudi 3 avril, ils entameront leur première session ordinaire, marquant ainsi le début effectif de leurs travaux législatifs. Cette mise en place intervient 24 heures après l’ouverture de la session parlementaire des députés de la première législature de la Ve République. Le Sénat est appelé à jouer un rôle central dans l’équilibre institutionnel du pays, bien que des questions subsistent sur son degré d’autonomie par rapport à l’Assemblée nationale, dominée elle aussi par le parti au pouvoir, l’UNIR.
La nomination de Barry Moussa Barqué, considéré comme un fidèle du régime, suscite des interrogations parmi l’opposition et la société civile. Certains craignent que cette nouvelle institution ne soit qu’une chambre d’enregistrement, sans réelle capacité d’influence sur les décisions politiques majeures, notamment dans la perspective de l’élection présidentielle à venir. La prochaine session ordinaire et les premiers débats législatifs permettront de mesurer l’impact réel de cette nouvelle chambre dans la gouvernance du Togo.



















