Le Togo n’échappe pas aux nouvelles mesures protectionnistes fixées et annoncées hier par le Président américain, Donald Trump. Dès le 05 avril 2025, les produits togolais exportés vers les États-Unis seront soumis à des droits de douane supplémentaires de 10% en fonction des secteurs. Des tarifs plus élevés, dits « réciproques », allant jusqu’à 50% sont aussi définis à d’autres pays. Plusieurs secteurs sont directement touchés au Togo. Mieux les produits agricoles seront les plus premiers concernés par ce durcissement tarifaire dans le cadre du régime préférentiel de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA).

Selon le décret signé par Donald Trump, au Togo, les fèves de soja, le café, le cacao, le karité seront prioritairement taxés. D’autres matières premières et produits peu transformés, notamment des minerais, fruits, graines et huiles seront aussi affectés. L’industrie textile, elle, ne sera également pas du reste car, depuis l’an dernier, le pays via la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA) exporte des vêtements fabriqués vers les États-Unis. Elle pourrait même perdre en compétitivité.
Le Togo moins touché, mais contraint de se réinventer
Dans l’ensemble, cette mesure de la nouvelle administration américaine constitue un frein brutal pour une économie togolaise dont les exportations vers les États-Unis ont quadruplé entre 2021 et 2024, passant de 20 à 97 millions de dollars selon les données de la base de commerce international des Nations unies (Comtrade) d’avril 2025. Par ailleurs, comparé à ses voisins, le Togo s’en sort « mieux » avec ce taux minimal de 10 %. Pourtant, l’impact sera palpable. Car pendant que le cacao ivoirien (taxé à 21 %) et la vanille malgache (47 %) illustrent des risques de distorsion concurrentielle, le Togo pourrait perdre aussi des parts de marché face à des pays moins taxés comme l’Ouganda (10 %).

Plus inquiétant, ces mesures interviennent dans un contexte où l’AGOA, le régime préférentiel adopté en 2000 et qui exonère 1 800 produits africains, arrive à échéance en septembre 2025. Les nouvelles taxes de Trump jettent un doute sur son renouvellement, alors que l’Afrique plaide pour une extension de 10 ans. Mieux dans un contexte où l’Afrique du Sud (30 % de taxes) négocie déjà en urgence un accord bilatéral pour remplacer l’AGOA, tandis que Madagascar tente de sauver 60 000 emplois textiles menacés, le Togo se doit de diversifier ses débouchés et ses partenaires en particulier la Chine. Pékin a par exemple supprimé en 2022 les droits de douane sur 98 % des produits togolais, une alternative séduisante face au protectionnisme américain.














