
Istanbul a accueilli, du 15 au 19 avril dernier la 152e Assemblée de l’Union interparlementaire. Plus de 130 délégations ont fait le déplacement dans la métropole turque, carrefour historique entre les continents, pour débattre et se projeter sur les enjeux et les problématiques de l’heure. En débat et pour l’occasion, un thème qui sonne comme une urgence : « Cultiver l’espoir, consolider la paix et assurer la justice pour les générations futures ». Le moment n’est pas anodin. Guerre en Europe, fractures humanitaires, embrasement au Moyen-Orient, foyers de violence en Afrique : rarement le monde n’a paru aussi fracturé. Dans ce paysage tourmenté, les parlementaires réunis à Istanbul ont voulu rappeler que la diplomatie ne se joue pas uniquement dans les palais présidentiels ou les chancelleries. Les assemblées élues ont aussi leur mot à dire.
Parmi les voix qui ont porté, celle de la parlementaire Hadja Mémounatou Ibrahima, Présidente du Parlement de la CEDEAO, n’est pas passée inaperçue. À la tribune, la responsable togolaise a livré un plaidoyer sans détour. « La guerre n’est jamais lointaine », a-t-elle averti, rappelant que l’indifférence est souvent le prélude aux catastrophes. Son message tient en quelques lignes de force : respect scrupuleux du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, application rigoureuse de la Charte des Nations Unies, et acceptation des différences comme rempart contre les conflits. Une intervention saluée dans les travées de l’Assemblée pour sa clarté et sa gravité. Les échanges ne se sont pas cantonnés aux seuls conflits armés. Les parlementaires ont également braqué le projecteur sur des périls moins spectaculaires mais tout aussi déstabilisateurs : l’insécurité alimentaire qui gagne du terrain, le dérèglement climatique qui frappe les plus vulnérables, et l’intelligence artificielle dont le développement échappe encore à toute régulation sérieuse.

Face à ces défis, les appels à muscler l’éducation à la paix, à intégrer davantage les femmes et les jeunes dans les processus politiques, et à soutenir les mécanismes de médiation ont rythmé les débats. En clôture de son intervention, Hadja Mémounatou Ibrahima a lancé un appel qui résume l’esprit de cette 152e Assemblée : refuser l’indifférence et faire de la paix un engagement de chaque jour. Un message qui, au moment où les tensions s’accumulent, mérite peut-être plus qu’une salve d’applaudissements.



