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Togo : Exit la SAFER, place à la SONAFIR pour de nouveaux mécanismes de financement routier

La SAFER a vécu. Hier 26 juin, le Conseil des ministres a signé l’acte de décès de la Société autonome de financement de l’entretien routier, créée en 2012. À sa place, une nouvelle entité : la Société nationale de financement routier (SONAFIR). Le changement ne se limite pas à un nouveau sigle. Il s’agit d’une refonte complète de la gouvernance du financement routier, avec des missions élargies et une séparation stricte des rôles entre l’argent et les travaux.

Le gouvernement ne prend pas de gants. « Le réseau routier national constitue un levier stratégique essentiel pour la compétitivité économique et le développement harmonieux du territoire. C’est dans cette perspective qu’a été créée en 2012 la SAFER, chargée de mobiliser les ressources destinées à l’entretien du patrimoine routier national », rappelle le communiqué officiel. Mais le diagnostic est sévère. « Les évaluations réalisées ont révélé des insuffisances, limitant la capacité de la SAFER à répondre efficacement aux besoins croissants de financement des infrastructures routières. »

Des prérogatives renforcées

En clair, après presque 15 ans d’existence, la structure n’était plus en mesure de remplir sa mission. Les besoins ont explosé. Les ressources sont restées trop dépendantes d’un nombre limité de mécanismes. La SAFER n’a pas suivi. La SONAFIR hérite donc d’un mandat élargi. Le décret lui confie des « mécanismes renforcés de mobilisation des ressources, fondés sur la diversification des instruments de financement et le développement de partenariats stratégiques ».

Concrètement, la nouvelle société ne se contentera plus de gérer les recettes des péages et les dotations classiques. Elle pourra actionner une gamme élargie d’outils financiers et nouer des alliances avec des partenaires privés et institutionnels. Cette capacité à diversifier les sources de financement est la clé de voûte du nouveau dispositif. Elle doit permettre de sécuriser les ressources sur le long terme, de financer des projets de plus grande envergure et d’anticiper les besoins d’un réseau en pleine expansion.La réforme introduit une autre innovation majeure : la séparation des responsabilités. « La SONAFIR assurera le financement des infrastructures routières », précise le communiqué. En parallèle, et par un second décret adopté lors de la même session, le gouvernement a institué l’Agence des travaux et de gestion des routes du Togo (AGEROUTE TOGO), à qui reviendra la maîtrise d’ouvrage déléguée des projets.

Cette distinction est une rupture avec l’ancien modèle, où les fonctions étaient plus imbriquées. Désormais, chaque entité a une mission claire. À la SONAFIR, la mobilisation et la gestion des fonds. À AGEROUTE TOGO, la conduite opérationnelle des projets, de la préparation au suivi de l’exécution. L’objectif affiché est d’améliorer la gouvernance, de renforcer la transparence et d’accroître l’efficacité de la dépense publique.

Avec ces deux nouvelles structures, le gouvernement redessine l’architecture du secteur routier. La SONAFIR a désormais la charge de trouver l’argent. AGEROUTE TOGO, de le transformer en kilomètres. Une équation simple. Reste à la faire fonctionner.

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