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Fonction publique, scandale supposé à l’OTR, conflits fonciers… : Le silence « assourdissant » et suspect de l’Etat !

Des avancements frauduleux à la fonction publique, des dénonciations de corruption à l’Office togolais des recettes (OTR), des conflits domaniaux et fonciers avec des relents inquiétants… Ces dernières semaines, plusieurs dossiers sensibles sont venus nourrir l’actualité togolaise. Des interpellations dans cette affaire de promotions frauduleuses impliquant 64 agents de l’État. Des révélations troublantes sur des dépôts en espèces colossaux effectués par deux cadres de la plus grande régie financière du pays. Des tensions récurrentes autour du foncier, à Latékopé dans la commune d’Agoè-Nyivé comme ailleurs, où des familles se disent spoliées dans un climat d’opacité persistante. La liste n’est pas exhaustive. Elle suffit pourtant à dessiner un paysage où la confiance, ce liant invisible entre les citoyens et leurs institutions, se trouve chaque jour un peu plus mise à l’épreuve.

Dans les rues de Lomé, dans les conversations de bar et sur les réseaux sociaux, les mêmes questions reviennent, lancinantes. « Les dénonciations deviennent nombreuses. Et le silence du gouvernement en dit long. Il n’y a pas de fumée de feu », constate un internaute dans un groupe WhatsApp. Ce n’est pas de la curiosité malsaine. C’est l’expression d’une attente populaire qui monte, diffuse mais tenace. Les Togolais ne demandent pas des têtes avant l’heure. Ils demandent qu’on leur parle. Qu’on leur dise que leurs yeux ne les trompent pas, que leurs oreilles ont bien entendu, et que quelque part, dans les arcanes de l’État, quelqu’un s’en occupe vraiment.

Lire aussi : Fonction publique : 64 promotions frauduleuses découvertes, plusieurs agents aux arrêts.

Face à cette attente, le silence officiel prolongé devient un risque politique majeur. Non pas que l’on attende du gouvernement qu’il commente des procédures judiciaires en cours. Si c’est déjà le cas. Le temps de la justice est lent par nature, et c’est une vertu. Le secret de l’instruction protège autant les mis en cause que la sincérité des investigations. Mais entre le commentaire intempestif et le mutisme absolu, il existe un espace que la communication gouvernementale peine encore à occuper. Celui de la présence. Et c’est là que le bât blesse ! Car pendant que l’État se tait, d’autres parlent. Des créateurs de contenus, des commentateurs plus ou moins informés, des voix qui, à défaut d’être toujours exactes, ont le mérite d’exister dans le débat.  Dans l’écosystème médiatique actuel, saturé de contenus produits à la hâte et de condamnations prononcées avant même qu’une enquête ne soit ouverte, le vide laissé par la parole officielle est vite comblé. Le récit se construit sans contrôle. Et la confiance, ce bien si fragile, s’érode en silence.

L’enjeu est d’autant plus crucial que ce climat de défiance naissante vient parasiter la perception des efforts déployés au sommet de l’État. Il touche à la préservation d’un capital immatériel mais vital : la crédibilité des institutions. Un silence sur des questions qui préoccupent l’opinion érode la confiance du peuple. Une parole calibrée, au contraire, est une preuve de « proximité et d’écoute » comme l’a dit le Président du Conseil dans son discours de décembre 2025 à l’Assemblée nationale. Le Président du Conseil a engagé des réformes structurelles, resserré la chaîne de commandement, exigé plus de rigueur et de résultats. Mais ces efforts, aussi réels soient-ils, deviennent imperceptibles quand le bruit des affaires non commentées couvre celui des politiques menées. Les ministres, quant à eux, se retrouvent en première ligne, accablés par des questions auxquelles ils ne peuvent répondre sans paraître fuir ou se défausser.

Stratégiquement, parler n’est donc pas une option. C’est une nécessité. Une parole calibrée, solennelle, qui ne trahit aucun secret mais qui rassure. Ce qu’il faut pour que la confiance ne s’effrite pas davantage, pour que les efforts du sommet redeviennent visibles, et pour que les ministres puissent respirer. Gouverner, c’est agir. Mais c’est aussi dire. Et dans une démocratie qui se veut apaisée, parler à son peuple n’est pas un aveu de faiblesse. C’est la preuve qu’on le respecte. C’est le premier pas vers le maintien du lien.

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