Togo en Action

Terrorisme : Le Togo renforce son aviation d’attaque de quatre A-29 Super Tucano

Face à la menace djihadiste qui pèse sur sa frontière septentrionale, le Togo a choisi de renforcer significativement ses capacités aériennes. Selon les informations exclusives d’Africa Intelligence, Lomé s’apprête à réceptionner quatre avions d’attaque A-29 Super Tucano du constructeur brésilien Embraer, dans le cadre d’un contrat estimé à environ 70 millions d’euros. Les appareils, dont trois unités neuves et une d’occasion, devraient être livrés d’ici la fin de l’année 2026. Ils viendront muscler une Force aérienne togolaise jusqu’ici sous-équipée, commandée par le Général Agnidoufey Mamah.

Ces turbopropulseurs sont spécifiquement conçus pour les opérations de contre-insurrection et d’appui aux troupes au sol. Ils seront armés de lance-roquettes et de mitrailleuses de calibre 12,7 mm fournies par le fabricant belge FN Herstal. Pour les missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR), les appareils seront dotés de boules optroniques conçues par l’américain L3Harris Technologies. Embraer s’est également engagé à former les pilotes togolais et à assurer la maintenance des équipements. Le contrat, finalisé en décembre 2024, a été révélé avec une certaine discrétion par le groupe brésilien, qui s’était contenté d’évoquer la vente de quatre Super Tucano à un « nouveau client africain », le « sixième opérateur » de ces appareils sur le continent. Le Nigeria, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso et l’Angola en sont déjà équipés.

L’acquisition n’a pas été sans concurrence. Turkish Aerospace Industries (TAI) a mené une campagne parallèle à Lomé pour tenter d’imposer ses Hürkus, déjà en service au Niger et au Tchad. L’avionneur tchèque Aero Vodochody a également tenté de placer son jet d’attaque L-39 NG Skyfox, sans succès. La décision finale a été entérinée par un cercle de conseillers proches du Président du Conseil, Faure Gnassingbé. Ce renforcement capacitaire s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation de la région des Savanes, où l’état d’urgence a été prolongé en mars dernier pour une période consécutive de douze mois depuis son instauration en juin 2022. Sur le terrain, les Forces armées togolaises (FAT), engagées dans l’opération Koundjoaré sous le commandement du colonel Latiembé Kombaté, bénéficient déjà de l’appui d’instructeurs militaires turcs.

Parallèlement, Faure Gnassingbé poursuit une diversification de ses partenariats sécuritaires. Après l’acquisition d’hélicoptères russes, il s’est rendu à Moscou en novembre 2025 pour signer un accord de coopération militaire avec Vladimir Poutine, prévoyant formation, renseignement et exercices conjoints. Un projet de surveillance intégrée de la frontière nord, incluant l’acquisition de radars, est également à l’étude avec potentiellement Ankara.

(avec Africa Intelligence)

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