Togo : Un faux conseiller du Président du Conseil arrêté pour escroquerie et trafic d’influence

Il se faisait passer pour un proche du sommet de l’État. Sieur Yao Makpaou a été interpellé dans le cadre d’une opération discrète menée par la Gendarmerie nationale, appuyée par des services spécialisés. L’homme est soupçonné d’usurpation d’identité, d’usurpation de titre et de trafic d’influence. Son mode opératoire : se prévaloir frauduleusement du titre de « conseiller du Président du Conseil » pour intimider des populations et peser sur des affaires locales, notamment dans le domaine foncier. Les faits reprochés se seraient principalement déroulés dans la commune de Togblékopé. Selon les premiers éléments de l’enquête, c’est une alerte venue des populations elles-mêmes qui a mis la puce à l’oreille des forces de l’ordre. Inquiètes face à des manœuvres qu’elles jugeaient suspectes, des victimes présumées ont fini par signaler le comportement de l’individu. Une démarche qui a permis aux enquêteurs d’engager une procédure méthodique.
Les investigations auraient permis de documenter plusieurs faits précis. Intimidations, invectives, usage de faux documents administratifs : le suspect aurait déployé un arsenal de moyens pour donner crédit à sa fausse qualité. Son terrain de prédilection : les litiges fonciers. Il aurait notamment mobilisé, sous couvert de son titre imaginaire, certains acteurs techniques locaux intervenant dans les opérations de bornage et de relevés topographiques. Cette affaire ne serait pas un cas isolé. Les enquêteurs soupçonnent le mis en cause d’avoir déjà eu recours à ce stratagème par le passé. Elle survient dans un climat de vigilance renforcée des services publics face à la recrudescence des cas d’usurpation d’identité et de trafic d’influence, en particulier lorsque les auteurs se réclament abusivement de l’autorité de l’État.
Pour de nombreux activistes sur les réseaux sociaux, cette interpellation revêt une portée symbolique. Elle traduit une orientation gouvernementale plus ferme en matière de protection des citoyens contre les « faux envoyés » et autres pratiques frauduleuses qui empoisonnent la vie des villages et des petits commerces. De nombreuses plaintes, longtemps restées silencieuses, auraient déjà été traitées par les services de police et de gendarmerie ces derniers mois, signe d’une montée en puissance des mécanismes de contrôle et de protection des populations.



