Il faut à bien des égards un certain sans-gène, ou une inconscience crasse, pour oser dénommer « Front de libération nationale », une coalition qui ressemble à une réunion de voisinage qu’un à projet politique sérieux. Lundi dernier, un front de 18 organisations dont des partis politiques et des organisations de la société civile est présenté à la presse nationale. Nous n’avons, comme d’habitude ni été surpris, ni éberlués, par l’apparition de ce ramassis hétéroclite dans le landerneau politique, qui pour une fois encore, énonce la preuve vivante de ce que l’opposition à Faure Gnassingbé nous a toujours habitué à son incapacité à apprendre de ses échecs.
Depuis dix ans, elle se complaît dans une fuite en avant spectaculaire. Elle annonce, dénonce, s’agite mais ne propose rien. Rien de concret ou tangible, rien de mieux que ce que l’exécutif actuel argumente au quotidien pour le bien-être et qui puisse donner une once d’espoir à un peuple qui voudrait bien mieux. Le FLN, dernier-né de cette lignée d’irresponsabilité, ne fait pas entorse à la tradition. La tradition où les slogans fumeux remplacent les solutions concrètes, où l’improvisation tient lieu de stratégie et où le boycott ou l’échec est érigé en mode de gouvernance.
La brocante politique qui n’impressionne personne
Imaginez un instant : des géomanciens d’Agoè-Nyivé, des chargeurs du Togo, des serviteurs de l’humanité, des femmes dynamiques (mais sans dynamisme visible), des futurs leaders (dont on attend toujours les preuves), et même une fondation d’évangélisation pour l’amour aux pauvres. Le tout chapeauté par une coordination nationale de 13 membres, dont les compétences semblent se limiter à l’art de la rhétorique creuse. Dr Komlan Alpa, le coordinateur national, et ses adjoints, Pasteur Godwill Nyonator et Akossiwa Yemey, ont-ils vraiment cru que cette brocante politique allait impressionner qui que ce soit ?
Le FLN se présente comme le sauveur suprême, celui qui réussira là où Jean-Pierre Fabre a fini par troquer son idéal contre un poste de maire, où d’autres ont échoué par manque de profondeur et de cohérence. Mais à regarder de plus près, on découvre une coalition aussi disparate qu’improvisée, un attroupement d’ambitions individuelles masquées en projet collectif. Leur programme ? Une litanie de promesses aussi vagues que grandiloquentes : libérer les détenus politiques, obtenir une amnistie générale, alléger le panier de la ménagère, organiser des assises nationales, et même installer une constituante pour un « nouveau contrat social ». Autant dire qu’ils promettent la lune, mais sans même avoir de fusée.
Le casting d’une comédie absurde
Et qui compose ce front si ambitieux ? Une galerie de personnages qui ressemble davantage à une farce qu’à une équipe de défense d’un intérêt national ou d’un idéal commun. Des géomanciens, des chargeurs, des serviteurs de l’humanité, des femmes dynamiques (mais sans dynamisme visible), des futurs leaders (dont on attend toujours les preuves), et même une fondation d’évangélisation pour l’amour aux pauvres. On croirait lire le casting d’une comédie absurde, mais non : il s’agit bien d’une coalition politique qui prétend libérer un peuple et diriger un pays.
Le FLN se veut rassembleur, mais il ne rassemble que les improbables. Il se veut salvateur, mais il ne sauve que les apparences. Et surtout, il se veut urgent, alors que les priorités des Togolais sont ailleurs. Sans oublier que les enjeux de développement auxquels ils font référence sont bien pris en compte et traités : l’école se porte mieux, le secteur de la santé présente de véritables progrès, l’agriculture triomphe ses défis, la jeunesse porte l’espoir parce qu’allégé de plus en plus du poids du chômage. Pendant ce temps, le FLN aligne des slogans creux et multiplie les alliances improbables, comme si la politique se résumait à une partie de Monopoly où l’on achète des cases au hasard.
Le Togo mérite mieux que cette farce
Ils vont moins en affirmant que leur mission est de « rassembler l’opposition pour sauver ce pays ». Mais sauver de quoi, au juste ? De la misère ambiante, dit-il. Pourtant, rien dans le programme du FLN ne laisse entrevoir une solution tangible à cette supposée misère. Aucun plan économique, aucune réforme structurelle, aucune vision à long terme. Juste des mots, des mots, et encore des mots. La vérité, c’est que le FLN n’est pas l’urgence des Togolais. Loin de là. Ce front, aussi bruyant soit-il, ne représente qu’une diversion, une mascarade qui détourne l’attention des vrais problèmes.
Les Togolais n’ont pas besoin de nouvelles coalitions improvisées, mais de leaders compétents, intègres et visionnaires. Ce que Faure Gnassingbé leur propose déjà avec des profils variés au service du peuple. Ce dernier qui pas besoin de promesses creuses, mais d’actions concrètes, déjà en cours avec la feuille de route gouvernementale Togo 2020-2025. Alors, laissons le FLN jouer sa comédie. Mais rappelons-leur ceci : on ne libère pas un peuple avec des slogans, on ne construit pas un avenir avec des illusions, et on ne gagne pas la confiance des citoyens en alignant des promesses aussi vides que les sièges qu’ils convoitent. Le Togo mérite mieux que cette farce. Beaucoup mieux.



















