
Les Présidents Faure Gnassingbé du Togo, Julius Maada Bio de la Sierra Leone et Patrice Talon du Bénin, forment le comité mis en place par leur paire pour négocier avec le régime militaire nigérien des nouveaux engagements à mettre en œuvre pour un assouplissement des sanctions économiques et financières. C’est l’une des principales conclusions de la 64e session ordinaire de la conférence des chefs d’État de la CEDEAO, tenue à Abuja au Nigéria dimanche 10 décembre dernier.
« Sur la base des résultats de l’engagement du comité des Chefs d’État avec le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrice (CNSP), l’autorité va progressivement alléger les sanctions imposées au Niger », a indiqué Omar Touray, président de la commission de la CEDEAO, à l’issue du sommet. L’organisation régionale demande à la junte au pouvoir au Niger de s’engager sur « une courte feuille de route pour la transition » menant vers « le rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel », soit le retour à un régime civil.
Quatre (04) mois après le putsch, cette décision fait suite aux tractations menées par le Président Faure Essozimna Gnassingbé, entre la junte et la CEDEAO. La visite vendredi dernier au Togo du Général Abdourahamane Tiani, avec une délégation ministérielle de haut niveau avant ce sommet a été un point culminant dans l’obtention de l’allègement de la position de l’institution sous-régionale qui privilégie aujourd’hui sans nul doute la voie du dialogue.
Notons qu’un mois plus tôt, les autorités nigériennes avaient demandé au Président togolais de conduire les négociations entre le Niger et ses partenaires, ce qu’il fait jusqu’ici avec brio.
Il est donc clair qu’en désignant Faure Gnassingbé dans le comité de négociation, la CEDEAO opte pour une position moins radicale et ouvre une passerelle pour le dialogue. Une ligne que le Président Faure Essozimna Gnassingbé a toujours défendue depuis le début de la crise et dont l’objectif est d’éviter une guerre entre peuples frères et surtout de préserver la stabilité et la sécurité dans une sous-région marquée déjà par l’hydre terroriste et l’extrémisme violent.
« Certains se sont mépris sur la position du Président togolais. Sa décision de privilégier le dialogue n’était pas une caution au coup de force. Mais plutôt un choix de protéger les populations civiles et surtout les intérêts des Etats. Une intervention au Niger fragiliserait davantage la stabilité de la région avec pour effet l’expansion du terrorisme. Il fallait faire un choix en toute lucidité », affirme une source togolaise.
D’une position inflexible au départ, les autorités militaires au Niger lâchent également du lest. Elles ont confirmé leur volonté de discuter aussi bien de la durée de la transition que de la situation de Mohamed Bazoum ainsi que de sa famille. « Nous avons obtenu beaucoup de garanties de la part des militaires vendredi dernier. Ils sont très ouverts au dialogue », assure la même source togolaise.
Des indiscrétions recueillies lors des discussions aussi bien à Lomé qu’à Abuja insistent sur la possible remise en liberté de l’ex président dans les prochains jours. Le Général Abdourahmane Tiani reste également disponible pour une transition dont la durée sera raisonnable. Une première, à l’analyse des faits car depuis le 26 juillet dernier les positions n’ont jamais été aussi alignées entre la CEDEAO et la junte.
C’est dire que l’implication du Président togolais offre des résultats positifs que le Président Bola Tinubu voit d’un bon œil et souhaite renforcer par la participation des Présidents Julius Maada Bio et Patrice Talon, dont la ligne dure sur la crise avait compliqué au départ les négociations.


















