
Les choses sont allées très vite ce mardi à l’Assemblée nationale. En plus de l’élection de son nouveau Président, l’institution a connu un renouvellement d’ampleur avec l’accueil de quatorze nouveaux députés. Un important remaniement qui fait suite à la validation par la Cour constitutionnelle du remplacement de parlementaires dont les fonctions étaient devenues incompatibles avec leur mandat, ou ayant choisi de démissionner, en vertu des nouvelles dispositions de la Constitution parlementaire adoptée en mai 2024.
Parmi les personnalités emblématiques concernées par ce mouvement, figurent d’anciens présidents de l’institution. Kodzo Adedze, désormais ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme, et Yawa Djigbodi Tsègan, nommée Commissaire générale de l’Office togolais des recettes (OTR), cèdent ainsi leur siège. Ils sont rejoints par d’autres poids lourds de la vie politique, tels que Dodzi Kokoroko, ministre de l’Environnement, et Atcha-Dédji Affoh, nouveau gouverneur de la région des Savanes. Le secrétaire général du gouvernement, Stanislas Bamouni Baba, ainsi que plusieurs autres élus, complètent cette liste de départs.
Cette vague de remplacements s’inscrit dans le contexte de la transition institutionnelle engagée par le Togo vers un régime parlementaire. La nouvelle Constitution impose en effet une séparation rigoureuse des pouvoirs, rendant incompatible la détention simultanée d’un mandat de député et d’une fonction au sein de l’exécutif ou de l’administration publique. Cette mesure vise à clarifier les rôles de chacun et à renforcer la transparence et l’indépendance des institutions.
Pour le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UNIR), cette réorganisation est stratégique. Elle permet d’assurer une continuité institutionnelle fluide tout en consolidant l’assise politique du parti, tant au gouvernement qu’au Parlement. L’entrée en fonction des suppléants de ces députés, tous issus de la majorité présidentielle, garantit le maintien de l’équilibre politique au sein de l’hémicycle.
Au-delà de la simple application d’une règle constitutionnelle, cet épisode marque une étape significative dans la mutation démocratique du Togo. Il introduit une nouvelle génération de visages à l’Assemblée et consacre, dans les faits, la mise en œuvre d’un principe fondamental : la distinction nette entre le pouvoir de légiférer et celui d’exécuter.


















