
L’Assemblée nationale togolaise a un nouveau président. Komi Sélom Klassou, ancien Premier ministre et cadre historique de l’Union pour la République (UNIR), a été porté à l’unanimité à la perche de l’institution ce mardi 28 octobre 2025. Il succède à Kodjo Adédzé, récemment nommé ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, et prend les commandes d’une chambre dont le rôle est considérablement renforcé par l’avènement de la Ve République et du régime parlementaire. À 65 ans, Sélom Klassou incarne la continuité et l’expérience. Ce natif de Notsè, docteur en hydro-climatologie et ministre de longue date sous les présidents Gnassingbé Eyadéma et Faure Gnassingbé, connaît parfaitement les arcanes du pouvoir.
Député UNIR, il avait déjà occupé le poste de premier vice-président de l’Assemblée entre 2013 et 2015, avant d’être propulsé à la Primature pendant cinq ans. Sa nomination à ce poste stratégique est perçue comme un choix de stabilité par le pouvoir en place. Son élection intervient dans un contexte institutionnel profondément remodelé. Depuis l’adoption de la nouvelle constitution en mai 2024, le Togo est officiellement passé à un régime parlementaire bicaméral. Le président de l’Assemblée nationale n’est plus seulement un modérateur de l’hémicycle ; il devient un acteur central de l’exécutif, participant à la désignation du chef du gouvernement et au contrôle de l’action publique.
Homme discret, méthodique et réputé pour son sens du compromis, Sélom Klassou a pour mission de faire vivre sans heurts ce nouveau cadre. Son profil de technocrate loyal et expérimenté semble taillé pour conjuguer dialogue et discipline de parti, dans un environnement politique où les équilibres sont en pleine redéfinition. Avec un bureau composé de six vice-présidents, trois questeurs et trois secrétaires, il dirigera le Parlement pour un mandat de trois ans. Son arrivée symbolise la mise en place complète des institutions de la Ve République. Pour de nombreux observateurs, le Togo dispose désormais de tous les leviers pour lancer les grands chantiers de son nouveau régime, avec, en figure centrale, un président d’Assemblée dont l’influence politique est plus que jamais déterminante.


















