
Face à une demande énergétique en forte croissance, le Togo peut bien compter sur le Nigeria, géant énergétique de la région. Ce dernier compte mettre davantage de courant dans le réseau togolais. Lors d’une rencontre le 12 mars 2026 entre la Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET) et la société publique Niger Delta Power Holding Company, Abuja a clairement affiché sa volonté d’augmenter ses exportations d’électricité vers le Togo et, au-delà, vers les pays de la CEDEAO. L’opérateur nigérian fournit déjà 75 MW au Togo dans le cadre d’un accord bilatéral. Mais il se dit désormais prêt à monter en puissance pour Lomé confronté à de nouveaux consommateurs notamment dans les secteurs industriel et commercial, et à des perturbations récurrentes de ces derniers mois qui mettent sous tension un réseau déjà fragile.
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C’est dans ce contexte que le directeur général de la CEET, Débo-K’mba Barandao, a échangé avec Jennifer Adighije, la PDG de la NDPHC. Cette dernière a confirmé la disponibilité du Nigeria à monter en puissance, à condition toutefois de sécuriser le cadre commercial des échanges. Traduction : pas d’augmentation sans garanties financières solides et mécanismes de paiement fiables. Une exigence compréhensible dans un secteur où les arriérés ont souvent compliqué les relations entre États ouest-africains. Mais au-delà des aspects techniques et financiers, ces échanges traduisent une volonté commune de structurer durablement la coopération énergétique régionale.
Pour le Togo, l’enjeu à terme est de trouver le bon équilibre : sécuriser ces importations pour répondre immédiatement à la demande, tout en poursuivant le développement de ses capacités locales. La dépendance et surtout double n’étant jamais une stratégie d’avenir.
