
Porté par une demande soutenue dans les zones peu bancarisées, le secteur des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) au Togo affiche une santé financière solide, selon les données 2024 de l’Association Professionnelle du secteur (APSFD-Togo). Avec plus de 4,45 millions de bénéficiaires, en hausse de 7,9% sur un an, le secteur confirme son rôle de pilier essentiel de l’inclusion financière et du financement de l’économie réelle. Cette dynamique est soutenue par une collecte d’épargne en nette progression, atteignant 401,7 milliards de FCFA (+9,1%), et un encours de crédits qui s’établit à 358,9 milliards de FCFA (+5,3%). Ces performances illustrent la confiance des clients et la capacité des SFD à répondre aux besoins de financement des ménages, des artisans et des micro-entrepreneurs, notamment dans les régions où la présence bancaire classique reste limitée.
Le marché, qui compte plus de 140 acteurs officiels, présente une concentration marquée. Le leader, la Fédération des Unions Coopératives d’Epargne et de Crédit (FUCEC-TOGO), qui fédère plus de 40 structures, domine largement avec 167 milliards de FCFA d’actifs, représentant à elle seule 46% du total sectoriel. Elle est suivie par des acteurs de taille moyenne tels que la COOPEC AD-TOGO (38,4 milliards), la COMEC (29 milliards), WAGES (21 milliards) et la CECA (10 milliards).

Face à cette croissance, les enjeux de gouvernance et de stabilité sont primordiaux. L’APSFD-Togo, qui regroupe 63 institutions membres, intensifie son accompagnement sur la gestion des risques, la conformité réglementaire et l’harmonisation des pratiques. Cette professionnalisation est considérée comme un gage de résilience pour un secteur dont la croissance dépasse celle de nombreux autres maillons de l’économie formelle. Ainsi, fort d’un ancrage territorial unique et d’indicateurs financiers solides, le secteur de la microfinance togolaise se consolide comme un acteur économique incontournable. Son défi sera désormais de maintenir cette croissance inclusive tout en s’adaptant aux impératifs de digitalisation et d’innovation financière.















