
Le siège archiépiscopal de Lomé a désormais un nouveau titulaire.
Vendredi dernier, Mgr Isaac Jogues Gaglo a été officiellement désigné archevêque métropolitain de la capitale togolaise, mettant fin à près de deux années de vacance du pouvoir à la tête de l’archidiocèse. L’annonce a été faite par Mgr Benoît Alowonou, président de la Conférence des évêques du Togo aux prêtres, religieux et fidèles laïcs réunis à la cathédrale de Lomé. Cette nomination intervient dans la foulée d’un long processus de discernement mené par le Vatican. Depuis la disparition de Mgr Nicodème Barrigah-Bénissan, figure tutélaire de l’épiscopat togolais, l’archidiocèse était placé sous administration apostolique provisoire. Le choix de Mgr Isaac Jogues Gaglo, qui assurait justement cette fonction d’administrateur depuis le décès de son prédécesseur, traduit une volonté de continuité et de stabilité pour l’Église catholique au Togo. « Nous traversons une période d’émotion intense, où des questions surgissent sans que nous puissions y apporter des réponses autres que celles offertes par notre foi. L’Église nous appelle cependant à continuer notre marche, quelles que soient les épreuves. L’œuvre entreprise par Mgr Nicodème Barrigah, un serviteur dévoué et un pasteur exemplaire, ne doit pas s’arrêter. J’accepte avec humilité la charge d’administrateur apostolique de l’archidiocèse de Lomé », a déclaré le nouvel élu dans sa première prise de parole.
Âgé de 67 ans, le nouveau prélat n’est pas un inconnu pour les fidèles togolais. Né le 7 octobre 1958 à Kpémé, dans le sud du pays, il était jusqu’à présent l’évêque du diocèse d’Aného. Sa connaissance approfondie des réalités locales, conjuguée à une solide expérience pastorale, a manifestement pesé dans la balance au moment de la décision romaine. La nomination d’un archevêque métropolitain obéit à des critères rigoureux, mêlant exigences spirituelles et considérations pragmatiques. Solidité doctrinale, fidélité au magistère de l’Église, exemplarité morale, sens pastoral éprouvé et capacité avérée de gouvernement figurent parmi les prérequis incontournables. À cela s’ajoutent des paramètres plus terrestres : l’expérience accumulée, l’état de santé du candidat, ou encore sa compréhension fine des dynamiques socioculturelles du diocèse concerné. Dans le cas de Lomé, siège métropolitain et véritable cœur battant du catholicisme togolais, ces critères revêtent une importance toute particulière. L’archevêque de la capitale y exerce en effet un rôle de coordination avec les autres diocèses du pays et incarne, bien au-delà de la seule sphère religieuse, une autorité morale dont la voix porte dans le débat public.
Mgr Isaac Jogues Gaglo hérite aujourd’hui d’un legs aussi prestigieux qu’exigeant. Son prédécesseur, Nicodème Barrigah-Bénissan, avait su imposer une stature qui dépassait largement les frontières de l’Église. Son engagement remarqué dans les processus de dialogue politique et de réconciliation nationale avait fait de lui un acteur respecté de la vie publique togolaise. Le nouveau titulaire du siège de Lomé devra donc trouver un juste équilibre entre la continuité de cet héritage et les adaptations nécessaires aux évolutions du temps présent.
Car les attentes des fidèles se transforment. Les questions sociales, éducatives et de gouvernance occupent une place croissante dans les préoccupations des catholiques togolais. L’Église, qui demeure un acteur structurant dans les domaines de l’éducation, de la santé et du plaidoyer social, est appelée à maintenir son rôle de médiation et de veille morale tout en renforçant sa proximité avec les populations. À Lomé, où se concentrent les principaux enjeux politiques et économiques du pays, cette mission prend une dimension encore plus aiguë. La nomination de Mgr Isaac Jogues Gaglo survient ainsi à un moment charnière, où l’institution ecclésiale doit tout à la fois rassurer, rassembler et se projeter.



