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Indice Mo Ibrahim 2026 : Le Togo progresse sur la décennie, mais s’essouffle depuis 2021

En dix ans, l’Afrique n’a progressé que de 0,5 point dans la lutte contre la corruption. Le score moyen est passé de 38,6 en 2016 à 39,1 en 2025. Une quasi-stagnation qui masque des réalités contrastées. C’est dans ce paysage que le Togo trace sa route avec régularité. Le pays figure parmi les cinq nations africaines ayant le plus progressé sur la décennie, selon l’Indice Ibrahim de la Gouvernance Africaine (IIAG), publié le 11 juillet dernier. Avec un bond de 27,7 points sur l’indicateur « Mécanismes de lutte contre la corruption », Lomé se hisse au 17ᵉ rang continental.

L’indice compile six indicateurs : les mécanismes institutionnels, l’absence de corruption dans les institutions publiques, dans le secteur public et dans le secteur privé, les procédures de passation des marchés publics et la perception citoyenne. Le Togo se distingue sur le premier. Avec 38,4 points en 2025, il a gagné 27,7 points en dix ans, se classant 6ᵉ du continent sur cet indicateur spécifique, derrière les Seychelles (+50,0), la Tunisie (+45,6), le Tchad (+40,6), le Mali (+37,5) et l’Angola (+32,1). Mais tout indice a ses limites. Il mesure des cadres, des procédures. Il ne capture pas la corruption du quotidien. Le Togo progresse sur les mécanismes. C’est un fait. Cette progression se lit à l’échelle de l’indicateur, pas nécessairement à l’échelle du citoyen.L’Afrique de l’Ouest est une région de contrastes. Huit pays de la CEDEAO sur quinze sont en amélioration. Le Sénégal, 4ᵉ avec 64,0 points, accélère. Le Bénin, 5ᵉ avec 58,7 points, progresse aussi, mais partage avec le Togo la catégorie « Signes d’avertissement ». Une catégorie qui rappelle que le Togo connaît un déclin depuis 2021. Les mécanismes sont en place, mais leur efficacité s’essouffle. Les Seychelles, leader continental avec 76,6 points et une progression de +26,3 points sur dix ans, connait la même tendance.

Derrière, d’autres pays décrochent. 28 pays sur cinquante-quatre soit près de 59 % de la population africaine vivent dans des États où la situation s’est détériorée. Le Niger, le Botswana, l’Afrique du Sud, le Liberia sont dans le rouge. Dans ce grand écart africain, la position du Togo est honorable. Ni modèle, ni repoussoir. Un pays qui fait le job.La trajectoire togolaise ne doit rien à un coup d’éclat. Elle est le produit d’une accumulation : organes de contrôle, procédures administratives, transparence budgétaire. Le Togo est le mieux classé des cinq pays les plus améliorés, devant l’Angola (29ᵉ), le Tchad (41ᵉ) et la Somalie (53ᵉ). Les Seychelles, seules à partager la première place avec le Rwanda, ont gagné 12 places grâce à un bond de +26,3 points. Le Togo, lui, a gagné 27,7 points sur un seul indicateur, mais son classement général reste au milieu du tableau : 17ᵉ.

Cette approche contraste avec celle de la « ceinture des coups d’État » au Sahel. Au Mali, la perception publique a bondi de 37,5 points en dix ans, portée par un discours martial. Mais les indicateurs objectifs ne suivent pas. Le Togo n’est donc pas en tête. Il n’est pas à la traîne non plus. Il est dans ce peloton des pays qui avancent sans bruit et sans linéarité. Le rapport ne lui décerne pas de médaille. Il lui tend un miroir. Avec ses reflets flatteurs et ses zones d’ombre.

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