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Justice : 13 détenus toujours incarcérés, « malgré un ordre de libération immédiate »

Ils auraient dû recouvrer la liberté le 18 février 2026. Ce jour-là, la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé ordonnait la libération immédiate de 13 citoyens poursuivis dans le cadre des manifestations de la coalition C14, survenues entre fin 2018 et début 2019. Plus de deux mois plus tard, les intéressés sont toujours derrière les barreaux. C’est Kao Atcholi, président de l’Association des victimes de torture au Togo (ASVITTO), qui a porté l’affaire sur la place publique. « Une décision qui, à ce jour, n’a toujours pas été exécutée », a déploré M. Atcholi, retraçant un parcours judiciaire chaotique. À l’époque, 14 personnes avaient été interpellées. La Cour de justice de la CEDEAO, saisie, ordonnait leur libération dès novembre 2023. Deux d’entre elles seulement avaient pu sortir. « Une nouvelle arrestation est intervenue, suivie d’un procès ayant conduit à des condamnations pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison », a-t-il expliqué.

L’affaire avait ensuite été portée en appel. La Chambre d’instruction a finalement rendu un arrêt favorable aux détenus le 18 février 2026. Un arrêt qui, selon l’ASVITTO, reste lettre morte. Parmi les personnes concernées figurent Adam Latif, Ali Agbo Marzouk, Alles Atti, Banavei Bala alias « Général du 19 août », Boukari Djobo, Fofana Nafiou dit « Agogo », Issa Issoufou, Issa Saliou, Mohammed Souleymane, Yakoubou Bilal, Yaya Soulemani alias « Mendoua », Youssouf Ali et Marou Abdoul Razak, surnommé « Vis-à-vis ».

Surpopulation carcérale : 375 % à Lomé

Au-delà de ce dossier, Kao Atcholi a profité de l’occasion pour pointer les conditions de détention dans le pays. Selon les chiffres d’avril 2026 de la Direction de l’Administration pénitentiaire et de la Réinsertion, la prison civile de Lomé compte environ 2 250 détenus pour une capacité initiale de 600 places. Un taux de surpopulation qui avoisine les 375 %. Face à cette situation, l’ASVITTO dénonce un non-respect persistant des décisions judiciaires, tant nationales que communautaires. L’organisation appelle à l’exécution immédiate de l’arrêt du 18 février et à une prise en compte urgente de la surpopulation carcérale.

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