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Biashara Afrika 2026 : Faure Gnassingbé met fin aux discours et passe aux actes

Lomé a ouvert ce lundi les portes de la troisième édition de Biashara Afrika, le forum d’affaires de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Plus de 1 500 participants, investisseurs, décideurs politiques, institutions financières et opérateurs économiques venus de tout le continent, ont rallié le Palais des Congrès pour trois jours placés sous le thème : « Stimuler la transformation économique de l’Afrique grâce à la ZLECAf ». C’est le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, qui a donné le ton. Face aux défis structurels qui freinent encore le commerce intra-africain, le dirigeant togolais a livré un discours sans complaisance. « Le temps des textes et des accords cède peu à peu la place au temps de l’exécution. Le temps de la vision doit maintenant devenir celui des résultats », a-t-il lancé d’emblée.

Puis, dans une séquence qui a arraché les applaudissements de la salle, il a mis les mots sur les maux : « Aujourd’hui encore, les coûts logistiques dans la région restent parmi les plus élevés du monde. Les barrières non tarifaires persistent. Les délais aux frontières ralentissent les échanges. » Et de trancher dans le vif, en direct : « Je demande au ministre de la Sécurité de régler cette anomalie sous 48 heures. »

Au-delà de l’ultimatum, le Président du Conseil a développé quatre réflexions qui dessinent sa vision de l’intégration africaine. La première est un appel au pragmatisme : « Aucune intégration économique ne se réalise uniquement à travers des traités. Elle se construit dans les ports, dans les corridors logistiques, dans les systèmes de paiement, dans les infrastructures énergétiques et numériques, dans les chaînes de valeur régionales et surtout dans la capacité réelle des entreprises africaines à commercer plus facilement entre elles. » La deuxième est un constat géostratégique érigeant la ZLECAf en « un instrument de souveraineté économique continentale. » La troisième réflexion a porté sur la nécessité de bâtir des chaînes de valeur régionales. Et sur ce point, Faure Gnassingbé a tenu à marquer une différence avec le président d’Afreximbank, saluant l’utilité des parcs industriels avant d’ajouter : « Nous devons aller plus loin : nous devons trouver dans ces parcs des entreprises africaines à capitaux africains pour que les profits restent en Afrique. Une intégration économique ne réussit durablement sans un secteur privé fort, innovant et compétitif. » Enfin, le Président du Conseil a insisté sur la dimension sociale de la ZLECAf qui est de permettre aux jeunes entrepreneurs africains d’accéder aux marchés régionaux et aux PME africaines de bénéficier des opportunités offertes par le commerce intra-africain.

Présent à Lomé, l’ancien président nigérien Mahamadou Issoufou, champion de la ZLECAf, a salué le leadership de Faure Gnassingbé dans la recherche de compromis pour la stabilité et l’effectivité du commerce intra-africain qui, selon lui, passe par la mise en place d’infrastructures modernes, des réseaux ferroviaires performants et même la mise en place d’un passeport africain. Le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, a félicité le Togo pour son engagement en faveur d’un marché africain intégré et compétitif. Même tonalité chez le Dr George Elombi, d’Afreximbank, qui a réaffirmé le soutien de l’institution à la zone de libre-échange. Le choix de Lomé pour accueillir cette troisième édition, après l’Afrique du Sud et le Rwanda, n’a rien d’anodin. Port autonome en eau profonde, réformes économiques, digitalisation des services publics, amélioration du climat des affaires : le Togo gagne du terrain dans la compétition régionale et s’impose comme une plaque tournante de l’intégration africaine.

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