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Sommet FII PRIORITY : Faure Gnassingbé tourne la page de l’aide et revendique un partenariat d’égal à égal avec l’Europe

Le décor est italien, l’initiative est saoudienne, le message est africain, mieux togolais. Invité au sommet FII PRIORITY Europe, le Président du Conseil Faure Gnassingbé n’a pas fait le déplacement à Rome pour solliciter. Il est venu exposer une vision. Face à un parterre de dirigeants, d’investisseurs et d’innovateurs réunis autour du thème « L’Europe réinventée : capital, souveraineté et autonomie stratégique », le chef de l’exécutif togolais a livré un discours en trois points qui trace une voie pour les relations euro-africaines de demain.

Le propos est posé, mais la rupture est nette. « Pendant longtemps cette relation a été organisée autour de l’aide publique au développement, de l’accès aux matières premières, de la gestion des crises et de la coopération institutionnelle. Ces dimensions restent importantes mais elles ne suffisent plus », a déclaré le Président du Conseil. Le constat est sans appel : Lomé ne tend plus la main. Lomé propose un partenariat. Ce que Faure Gnassingbé est venu présenter à Rome, c’est le Togo comme hub logistique, industriel et commercial pour l’Afrique de l’Ouest. Un hub appuyé sur des atouts déjà opopérationnel tels que le port de Lomé, les corridors vers l’hinterland, la digitalisation avancée des procédures et sur une vision : transformer ces infrastructures en chaînes de valeur intégrées.« Notre ambition est claire. L’étape suivante consiste à mieux lier ses atouts au développement de chaînes de valeur ciblées. » L’idée est simple : ne plus financer des actifs isolés, mais des systèmes productifs. Le Président du Conseil a donc pris soin de ne pas apparaître en adversaire de l’Europe. Il a théorisé l’interdépendance maîtrisée. « L’autonomie stratégique ne doit pas être comprise comme une politique d’isolement mais comme la capacité à mieux gérer les interdépendances. » Comme quoi, la souveraineté ne se construira pas sans l’Afrique.

« L’Europe a besoin de partenaires fiables pour son énergie, ses matières premières critiques, ses marchés d’avenir. L’Afrique a besoin de capital patient, de technologie, d’accès aux marchés. Ces besoins ne s’opposent pas, ils se renforcent. » Une manière de dire que le rapport de force a évolué. L’Afrique n’est plus seulement un réservoir de ressources. Elle se positionne comme un pôle de production en devenir.

Ce que cela change concrètement

Pour les investisseurs présents à Rome, le discours de Faure Gnassingbé fixe un cadre lisible. Le Togo propose des projets structurants, adossés à des infrastructures existantes et à une stratégie d’intégration régionale. Le port de Lomé, les corridors logistiques, la plateforme numérique : l’essentiel est en place. Ce qui manque, c’est le capital patient et la technologie. Pour les opérateurs économiques ouest-africains, ce positionnement est un signal. Il confirme que le Togo joue la carte de l’ouverture et de la connectivité. Dans un monde fragmenté, c’est un avantage compétitif. Faure Gnassingbé est venu à Rome pour tourner une page. Celle de la coopération d’aide. Il en repart avec une feuille de route pour un partenariat d’égal à égal.

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