
Le Togo quitte définitivement le groupe des nations à développement humain « faible » pour intégrer celui des pays à IDH « moyen ». C’est ce qui ressort de l’édition 2025 du Rapport sur le Développement Humain (RDH 2025) du PNUD. La cérémonie de présentation nationale s’est déroulée ce lundi 22 septembre à Lomé en présence de plusieurs personnalités. Sous le thème « Une affaire de choix : individus et perspectives à l’ère de l’intelligence artificielle », cette présentation officielle, qui fait suite à la publication mondiale du rapport le 06 mai dernier, a révélé les performances ayant permis au Togo de passer d’un statut à un autre. Un changement qui n’a rien d’anecdotique. Il est le fruit d’une décennie de réformes opiniâtres et d’investissements sociaux ciblés. En 2015, l’IDH du pays s’établissait à 0,523. En 2025, il s’établit à 0,571 contre 0,567 dans l’édition précédente (2023-2024). La progression, constante, traduit une stratégie de long terme qui commence à porter ses fruits. « Ces avancées sont enregistrées grâce aux réformes ambitieuses engagées sous l’impulsion du Président du Conseil », a déclaré Dr Sandra Ablamba Johnson, Ministre et Secrétaire général de la Présidence du Conseil, en présidant l’événement aux côtés de la Représentante résidente du PNUD, Binta Sanneh.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le Revenu National Brut (RNB) par habitant est passé de 2 748 $ US en 2023-2024 à 2 856 $ US en 2025. Une croissance soutenue, mais c’est surtout sur les indicateurs sociaux que le pays a marqué des points. Santé, éducation, protection sociale : les efforts conjugués dans ces secteurs clés ont permis de promouvoir l’inclusion sociale, de réduire les inégalités et de renforcer le capital humain, véritable richesse d’une nation. Pour exemple, l’accès à l’eau potable est passé de 60% à 86% en quatre ans et l’accès à l’électrcité de 50% à 74,5%. Cette performance place désormais le Togo en tête du peloton ouest-africain : 2ᵉ rang au sein de l’UEMOA, derrière la Côte d’Ivoire, et 4ᵉ dans l’espace CEDEAO, après le Cap-Vert, le Ghana et la Côte d’Ivoire. Il devance alors des pays commele Sénégal, le Bénin, le Mali, le Niger ou la Guinée-Bissau.

L’humain d’abord, une stratégie payante
Le rapport ne se contente pas de constater des progrès ; il en analyse les fondements. Pour Dr Sandra Ablamba Johnson, Ministre et Secrétaire général de la Présidence du Conseil, la clé du succès togolais réside dans un choix politique fondamental : « placer l’humain au centre des priorités nationales ». Une vision qui transcende la simple croissance économique pour embrasser l’accès à l’éducation, aux soins, à un niveau de vie décent et à l’autonomisation financière. « Cette avancée a salué Binta Sanneh, Représentante Résidente du PNUD au Togo est le fruit de réformes ambitieuses engagées et qui ont permis de stabiliser les indicateurs de santé et d’éducation, tout en améliorant sensiblement le niveau de vie des populations ». Il faut dire que l’édition 2025 du rapport innove en se penchant sur les tensions croissantes les avancées technologiques rapides dans le domaine de l’intelligence artificielle et la stagnation relative des progrès en matière de développement humain. Un sujet sur lequel le Togo, paradoxalement, pourrait bien prendre une longueur d’avance. Le gouvernement, conscient des enjeux, s’est déjà engagé dans une gouvernance éthique et régulée de cette technologie disruptive. Sa feuille de route 2020-2025, axée sur la digitalisation des services publics et l’inclusion, le positionne comme un laboratoire intéressant pour l’Afrique. « C’est le lieu de rendre un vibrant hommage au Président du Conseil (…) pour sa politique de renforcement du capital humain et de transformation numérique », a insisté Dr Sandra Ablamba Johnson, établissant un lien direct entre la vision nationale et les résultats obtenus.

Ce nouveau progrès du Togo démontre à en croire les uns et les autres qu’avec une gouvernance stable, un leadership engagé et des réformes structurelles ciblées, un petit pays peut inverser la tendance. Le défi, maintenant, sera de maintenir cette dynamique et de s’assurer que les bénéfices de la croissance et de l’innovation technologique profitent à tous. Le Togo n’est peut-être pas encore un géant économique, mais en matière de développement humain, il est en train d’écrire une success story africaine, pragmatique et remarquablement efficace. Une sorte de modèle.













