
Le Conseil des ministres a adopté, hier, le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2025. Cette révision, présentée comme un impératif de « sincérité et de transparence », intervient dans un climat économique international et national « marqué par des incertitudes persistantes », selon le compte-rendu de la rencontre hebdomadaire. Elle vise à actualiser donc les prévisions budgétaires initiales pour mieux coller à la réalité économique du moment. Le premier effet de cette actualisation se lit à la ligne des recettes. Celles-ci sont révisées à la baisse, à 1 472 milliards de francs CFA, soit une diminution de 1% par rapport à la loi de finances initiale. Cette contraction s’explique principalement par des « réajustements de certaines prévisions initiales », suggérant que certains flux de revenus anticipés ont été revus à un niveau plus prudent.

À l’inverse, le train de vie de l’État est revu à la hausse. Les dépenses totales sont portées à 1 717,1 milliards de FCFA, ce qui représente une augmentation de 2,3% par rapport au budget voté initialement. Cette croissance des engagements illustre les ajustements opérés pour répondre aux priorités gouvernementales ou aux dépenses imprévues dans le contexte actuel. La conjugaison de ces deux mouvements à savoir recettes en baisse et dépenses en hausse conduit mécaniquement à une augmentation du volume global du budget. Le budget rectifié s’établit désormais à 2 436 milliards de FCFA, en croissance de 1,6%. Cette nouvelle configuration fait apparaître un déficit budgétaire de 245,1 milliards de FCFA. Pour combler cet écart, le gouvernement indique qu’il sera « entièrement financé par le solde positif de la trésorerie ». Cela signifie que l’État puisera dans ses réserves de liquidités disponibles, évitant ainsi, pour le moment, un recours à l’emprunt supplémentaire sur les marchés financiers pour équilibrer les comptes.

Ce projet de loi de finances rectificative va maintenant être transmis au Parlement pour examen et adoption. Il matérialise l’adaptation constante de la gestion publique aux fluctuations économiques. La décision de financer le déficit par la trésorerie, plutôt que par de la dette nouvelle, sera particulièrement scrutée, car elle engage directement la capacité de résilience financière de l’État à moyen terme.















