
En 2024, le commerce extérieur de l’UEMOA a connu une nette amélioration, avec un déficit des biens et services ramené à 5,6 % du PIB, contre 9,6 % un an plus tôt. Dans ce paysage, le Togo s’impose comme un acteur clé des échanges, notamment dans le secteur des services de transport, où il réalise à lui seul près d’un tiers des recettes régionales. C’est ce que révèle le dernier rapport de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) sur le commerce extérieur. Avec 29,5 % des exportations de services de transport de l’Union, le Togo devance largement ses partenaires, dont la Côte d’Ivoire (26,7 %), pourtant première économie de la zone. Ces services, qui comprennent le transport terrestre, maritime et aérien, ont généré 627,1 milliards de FCFA de recettes en 2024, malgré une baisse de 6,4 % par rapport à 2023.
Cette domination s’explique en grande partie par le rôle stratégique du Port autonome de Lomé, qui sert de hub maritime pour plusieurs pays enclavés de la sous-région. Le Niger, le Burkina Faso et le Mali, qui représentent respectivement 4,5 %, 12,9 % et 12,3 % des importations totales de l’UEMOA en 2024, dépendent fortement des infrastructures portuaires togolaises pour leurs approvisionnements. Les importations de biens d’équipement et de biens intermédiaires, qui ont respectivement reculé de 3,1 % et 9,1 % en 2024, transitent en grande partie par Lomé. Le port constitue également une plaque tournante pour les réexportations, dont le Bénin est le principal acteur (76,5 %), mais où le Togo joue un rôle non négligeable avec 12,5 % des expéditions.

Une performance qui contraste avec le recul régional
Alors que les importations de services de l’UEMOA ont reculé de 5,3 % en 2024, la part du Togo dans les services de transport témoigne de la résilience de son modèle économique, fondé sur la logistique et le transit. Cette spécialisation lui permet de capter une part significative des flux marchands de l’Union, malgré un contexte régional marqué par la fin des grands chantiers pétroliers et un ralentissement des investissements en équipements. Avec un solde commercial de -13,9 % du PIB, le Togo affiche l’un des déficits les plus importants de la zone. Toutefois, sa position de hub logistique lui assure un rôle structurel dans l’intégration commerciale ouest-africaine, renforcé par des infrastructures portuaires modernisées et une connectivité terrestre essentielle aux pays enclavés.
Le Togo confirme ainsi sa vocation de plateforme logistique majeure au sein de l’UEMOA. Sa part prépondérante dans les services de transport, près du tiers du total régional, souligne l’importance des investissements dans les corridors de transit et la nécessité de sécuriser ces axes pour consolider la compétitivité commerciale de l’ensemble de l’Union.















