Économies

Togo : L’inflation s’établit à 0,4% en février portée par le repli des prix des céréales

Le Togo signe une performance économique rare en ce mois de février. Avec une inflation contenue à 0,4 % en glissement annuel, le pays s’impose comme un îlot de stabilité dans un océan ouest-africain secoué par les turbulences des prix.

Derrière ce chiffre, une bonne nouvelle pour les ménages : les céréales dégringolent de près de 18 %. L’Institut national de la statistique (INSEED) a rendu sa copie, et elle est flatteuse. L’indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) s’établit à 103,6, contre 103,2 un an plus tôt. Sur un mois, la hausse atteint 0,7 %, une progression modérée qui traduit une économie sous contrôle. Surtout, le taux d’inflation sur douze mois glissants, l’indicateur qui fait trembler les directeurs de banque centrale, plafonne à 0,1 %. Loin, très loin du seuil fatidique de 3 % fixé par l’UEMOA.

Si le panier de la ménagère reste stable, c’est d’abord grâce aux céréales. Le maïs, pilier de l’alimentation togolaise, inonde les marchés après une campagne agricole généreuse. Résultat : les prix s’effondrent de 17,8 % sur un an. Une bouffée d’oxygène pour les consommateurs, d’autant que les produits alimentaires pèsent près de 28 % dans l’indice global. Moins de dépenses pour se nourrir, c’est plus d’air pour boucler les fins de mois.

Le diable se niche aussi dans les détails mensuels. Entre janvier et février, les étals de Lomé ont vu les prix s’affoler. La tomate ronde locale bondit de 56 %, sa cousine importée frôle les 90 % de hausse. Le piment vert, lui, s’envole de plus de 30 %. Rassurant, l’INSEED : ces pics sont saisonniers, liés aux cycles agricoles. Pas de quoi céder à la panique. Côté poisson, la sardinelle fumée et le chinchard fumé tirent également la couverture à eux, avec des augmentations respectives de 10 % et 6,1 %. De quoi compliquer l’ordinaire des familles qui comptent sur ces protéines accessibles.

Dans l’UEMOA, le Togo peut bomber le torse. Avec 0,4 % d’inflation, il talonne le Sénégal et distance nettement la Côte d’Ivoire (1,4 %) et le Bénin (0,9 %). Pendant ce temps, le Niger traverse une déflation sévère de 10,2 %, symptôme d’une économie qui tousse. L’union dans son ensemble recule même de 0,5 % sur un an, signe que la conjoncture régionale reste fragile. Derrière ces chiffres, une mécanique bien huilée : l’INSEED épluche chaque mois 810 produits dans près de 5 000 points de vente à travers le pays. Un travail de fourmi qui permet d’éviter les mauvaises surprises. Et pour l’instant, la machine tient la route.

 

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page