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Afrobarometer : Ce que dit (vraiment) l’enquête Round 10 sur les droits des femmes au Togo

C’est un travail approfondi et comparé. La dépêche Afrobarometer n°1230, publiée ce jeudi 16 septembre 2026, apporte un éclairage nouveau sur les perceptions des Togolais en matière de droits des femmes. Elle analyse les données du Round 10 dans 18 pays d’Afrique de l’Ouest et centrale. Au Togo, l’enquête a été menée en juillet 2024. Ce document approfondit une première enquête nationale publiée en juillet dernier, en replaçant les résultats togolais dans un contexte régional comparé.

Trois sujets font l’objet d’une adhésion massive. D’abord, la liberté de choix du mariage : 86 % des Togolais estiment que les filles et les femmes doivent décider elles-mêmes si et quand se marier. C’est l’un des scores les plus élevés de la région, derrière São Tomé-et-Príncipe et Cabo Verde (88 %), mais loin devant la moyenne des 18 pays (72 %). Un écart de 14 points qui place le Togo dans le trio de tête.

Lire aussi : Le Togo se hisse au 2e rang africain sur les droits économiques des femmes.

Ensuite arrive l’éducation sexuelle à l’école. 84 % des personnes interrogées y sont favorables, contre 76 % en moyenne régionale. Seuls 13 % s’y opposent. Là encore, le Togo se hisse parmi les pays les plus ouverts, aux côtés du Cabo Verde (95 %), de São Tomé-et-Príncipe (88 %) et de la Côte d’Ivoire (84 %).

Enfin, le maintien à l’école des filles enceintes ou déjà mères : 91 % des Togolais y sont favorables. Un quasi-consensus, là encore supérieur à la moyenne régionale (83 %). Le Togo se place dans le peloton de tête, derrière le Gabon (97 %), le Cabo Verde (93 %) et la Côte d’Ivoire (92 %). Seuls 7 % des Togolais s’y opposent.Si les droits sociaux et éducatifs font l’unanimité, les questions de santé reproductive divisent davantage. Sur l’accès à la contraception, 64 % des Togolais se disent favorables, quel que soit le statut matrimonial. Mais ils ne sont plus que 54 % à soutenir cet accès quel que soit l’âge. Le pays reste loin des positions les plus libérales, comme celles du Cabo Verde (90 % et 79 %) ou de São Tomé-et-Príncipe (81 % et 73 %). Sur la question de l’âge, la société togolaise apparaît particulièrement divisée : près d’un Togolais sur deux y est défavorable.

L’avortement cristallise les oppositions. Une majorité (66 %) le juge justifié lorsque la santé ou la vie de la femme est en danger. En cas de viol ou d’inceste, le soutien tombe à 52 %. Pour des raisons économiques ou pour une grossesse non désirée, seuls 32 % et 29 % respectivement l’estiment acceptable. La société togolaise apparaît donc partagée : elle accepte l’IVG comme ultime recours médical, mais reste réticente à toute autre justification. À l’échelle régionale, le Togo se situe au-dessus de la moyenne ouest-africaine pour les cas de danger (59 %) et de viol (47 %), mais en dessous des moyennes d’Afrique centrale (76 % et 63 %).Interrogés sur la fréquence réelle des avortements dans leur communauté, 16 % des Togolais estiment qu’ils sont « souvent » pratiqués, et 21 % « occasionnellement ». Une majorité (55 %) les juge « rares » ou « jamais ». Sept pour cent ne savent pas ou refusent de répondre. Au total, 37 % perçoivent des IVG fréquentes ou occasionnelles. Ces chiffres suggèrent que la question reste largement taboue, même si une proportion notable de la population en perçoit la réalité.

La dépêche ne fournit pas de ventilation spécifique au Togo par sexe, âge, religion ou milieu rural/urbain. Les écarts signalés à l’échelle régionale restent toutefois des tendances générales, à confirmer par des analyses nationales plus fines. Ce document complète ainsi la première enquête publiée en juillet, en offrant une mise en perspective régionale inédite.

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